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Le tourisme d'aventure, un outil pour éduquer

Le tourisme d’aventure, c’est profiter et apprécier les splendeurs de la nature en la laissant dans le même état qu’à son arrivée. C’est dans cet état d’esprit que l’entreprise Company of adventurers (COA), basée à Calgary, s’est spécialisée dans ce type de tourisme. Une bonne façon de commencer l’été et d’en apprendre un peu plus sur Dame Nature.



L’humilité est certainement l’une des principales qualités pour tout amoureux de l’environnement qui se respecte. Bryce Willigar, 25 ans, directeur des programmes pour Company of Adventurers en Alberta, est fasciné par la nature et a appris à la respecter depuis son plus jeune âge. Sa passion, il en a fait son métier.



C’est dans sa ville natale d’Innisfail, située dans la partie centrale de la province, qu’il a décidé que la nature ne serait pas juste l’endroit où passer son enfance, mais bel et bien sa vie. Aujourd’hui, il est diplômé d’un baccalauréat en Management d’écotourisme et de plein air de l’Université de Mount Royal ; de quoi parfaire ses connaissances accumulées au fil des années de pratique à pied, à vélo ou bien encore en ski. Pendant longtemps, Bryce a été tour à tour moniteur de ski puis de randonnée avant de venir à la COA.



La Company of Adventurers s’adresse donc à une clientèle variée et offre plusieurs formules pour les personnes de tout âge : « On amène en montagne des enfants de 13 ans à 16 ans, notamment  à Kananaskis […]. Ils restent alors une nuit ou deux dormir à la belle étoile. » L’hiver, les sports de neige sont à l’honneur ; ski de fond, raquette, et même des cours d’avalanche sont proposés : « C’est une introduction aux soins de premier secours », explique Bryce. Il y en a donc pour tous les goûts, même pour les 50 ans et plus. « Ils viennent puis restent à Canmore. Tous les jours, nous les amenons à Banff pour des randonnées pédestres et éducatives », précise le directeur des programmes Company of Adventurers. Pendant environ une semaine, tout un travail de sensibilisation se fait pour parler des défis. Ils vont découvrir et apprendre quelque chose de nouveau sur la faune, la flore mais aussi sur la géologie de la province et son histoire. Historiquement, le tourisme d’aventure, du moins pour l’Amérique du Nord, remonte au temps des premiers colons.



Selon Réseau de veille en tourisme, « les voyageurs parcouraient les rivières, défrichaient la terre, découvraient des contrées vierges. Jusqu’à tout récemment, lorsqu’ils parlaient de tourisme d’aventure, les auteurs faisaient référence aux pionniers, à l’exploration de territoires peu fréquentés, à une forme de tourisme où le voyageur doit renoncer en quelque sorte aux standards de confort et expérimenter un pan de l’aventure humaine ».



Aujourd’hui, le concept de tourisme d’aventure va plus loin et a un rôle à jouer, celui de développer les consciences et d’éduquer sur notre environnement.



La nature, un habitacle fragile

« On veut laisser les clients avec certaines interrogations, les faire réfléchir », souligne Bryce, notamment sur l’impact que l’activité humaine peut avoir. Car si le tourisme d’aventure est très enrichissant, il n’est pas dénué de défis. Cela s’appelle l’homme moderne.



Il évoque  la construction de la Transcanadienne, un réseau routier qui relie les dix provinces du Canada,  mais traverse également le parc national de Banff. Banff représente le site canadien des parcs des montagnes Rocheuses. Il est aussi classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. La Transcanada agit donc comme une barrière pour la faune, qui peut avoir difficilement accès à sa nourriture, un abri potentiel et ne permet la socialisation avec d’autres animaux. Cela a désorganisé leur vie de manière drastique : « Ils ont besoin de bouger, cette route représente une grande perturbation ». Après que des animaux aient été blessés ou tués, la construction d’un pont pour leur permettre de traverser a été réalisée et il fonctionne. « Les mamans ours ont compris et montrent le chemin à leur petits en empruntant ce type de pont », explique Bryce. L’activité humaine reste l’une des menaces majeures pour notre planète, c’est pourquoi éduquer est important. Le tourisme d’aventures est un bon moyen, non seulement pour apprendre, mais aussi pour se recentrer avec la nature. L’homme ne devrait pas laisser son empreinte, comme le sceau d’un fer rouge. L’élévation des consciences passe donc par la connaissance. Le Canada est un petit bout de jardin de notre grande planète. Elle appartient à tout le monde, nous n’en disposons pas comme nous l’entendons et le tourisme d’aventure est là aussi pour nous le rappeler et nous l’enseigner.

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