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Airdrie et à Red Deer : des élèves francophones donnent leur avis

« Ce que j’aime de mon école, c’est qu’elle est très petite, donc ça nous permet d’avoir une certaine proximité et de connaître tout le monde, mais nous n’avons pas suffisamment de ressources à notre portée. »

Ce sont les paroles prononcées par Zoé Banville, élève en 8e année à l’école La Prairie de Red Deer, le 23 juin dernier, à la Maison du Lieutenant-gouverneur à Edmonton.  

Elle s’y est rendue à l’occasion d’un tour de table organisé par le ministre de l’Éducation, Dave Hancock, et le ministre des Infrastructures, Ray Danyluk. Une vingtaine d’autres élèves sont venus des quatre coins de l’Alberta pour donner leurs points de vue sur ce qu’il faudrait changer dans leur école.


Cette rencontre s’inscrit dans le projet du gouvernement de l’Alberta qui a annoncé, le 24 mai dernier, que 35 écoles albertaines vont bénéficier de 550 millions $ pour être reconstruites ou modernisées.

« Nous avons un bon système d’éducation en Alberta et nous pouvons en être fiers. Mais il y a aussi beaucoup de changements de contextes ou de mode de vie, et dans tous ces changements, nous nous rendons compte de l’importance de l’éducation. Mais comment allons-nous construire les écoles du futur? Nous devons réfléchir à ce que seraient nos écoles à l’avenir. Nous voulons donc entendre le point de vue des principaux concernés, ceux qui peuvent nous dire ce que serait, selon eux, l’excellence en éducation », a expliqué le ministre Hancock aux 26 élèves rassemblés autour de lui.

Pour le ministre des Infrastructures, Ray Danyluk, cette consultation était importante, car les observations des jeunes permettront à long terme d’édifier des établissements faits sur mesure.

« L’Alberta veut être à l’avant-garde de la technologie et de l’éducation en Amérique du Nord. La province est pourtant encore jeune et les écoles qui vont être construites pour 2014 seront encore là pour les 100 prochaines années. Vous êtes nés dans la technologie, contrairement aux anciennes générations. Nous avons donc besoin de vous avoir avec nous, pour savoir ce que vous voulez changer », a indiqué le ministre aux jeunes attentifs.

Les élèves ont répondu à Ray Danyluk qu’il faudrait principalement agrandir les écoles, afin de leur donner plus d’espace pour s’exprimer et apprendre. Zoé Banville avait sur elle toute une liste préparée avec ses camarades d’école.

« Avant de venir voir le ministre, j’ai rencontré les autres élèves et on a fait cette liste. Je connais des élèves qui sont plus jeunes et qui pourront, plus tard, voir à quoi ressemblera le nouvel établissement », souligne-t-elle.

L’élève de 8e année à La Prairie estime qu’avoir une nouvelle bâtisse sera une très bonne chose, même si personnellement, elle aura déjà quitté l’école lorsque celle-ci sera disponible. « En ce moment, il y a par exemple des araignées sur les fenêtres et les salles de bains ne sont pas adéquates, les bâtiments sont vraiment vieux. Des changements seraient vrai-ment bienvenus », lance-t-elle.

Zoé estime que les élèves n’ont pas suffisamment accès à l’information, parce qu’il n’y a pas assez de ressources à leur disposition.

La jeune écolière n’était pas la seule à représenter les écoles francophones. Derian Geddes, élève en 6e année à l’école francophone d’Airdrie, a raconté comment elle a vécu sa première rentrée scolaire.

« Quand je suis arrivée dans mon école la première fois, je me suis d’abord trompée et j’ai cru que mon école était celle d’en face, mais c’était une école anglophone, très belle et très bien construite. Mais quand j’ai réalisé que ce n’était pas mon école, j’ai vécu une vraie déception. Notre école est toujours sur des roulottes et les bâtiments sont vraiment désuets », a-t-elle évoqué.

En attendant la fin des travaux, prévus pour 2014, les élèves d’Airdrie doivent se contenter de classes modulaires. De plus, le nombre d’élèves a pratiquement triplé, passant d’une cinquantaine en 2005, à environ 200 inscriptions à la rentrée prochaine.

La jeune Derian sera en 8e année lorsque sa nouvelle école sera construite. « J’aimerais que notre école soit plus solide et plus grande, car la nôtre est vraiment très petite et nous n’avons pas de gymnase, alors que nous sommes dans une communauté très sportive, souligne-t-elle. Je trouve très bien que les ministres se donnent le temps de venir nous écouter et voir ce qu’on souhaite pour nos écoles. »

La mère de Derian, Janette Geddes, a soutenu les propos de sa fille, en affirmant être bien contente de voir que des francophones ont aussi été invités à participer à cette journée de consultation. « C’est très bien que les écoles francophones aient une tribune pendant cette consultation, parce que ça montre qu’on est traité comme tout le monde et on voit qu’on a une place comme toutes les autres écoles », a-t-elle déclaré.

Les deux jeunes francophones ont affirmé être plutôt confiantes face à l’avenir. Elles se disent heureuses d’avoir pu apporter leur contribution à la construction prochaine de leurs écoles.

Outre les deux établissements francophones qui vont bénéficier de l’enveloppe de 550 millions $ versée par la province, les écoles Notre-Dame des Vallées à Cochrane et Desrochers à Jasper auront aussi de nouvelles installations.
 

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