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Comment adapter ses activités et son niveau de français en fonction des élèves ?

Le 17 avril à La Cité francophone, six personnes ont pu profiter d’une formation gratuite sur le thème ‘‘Développer et adapter ses activités scolaires en fonction du programme d’études albertain et du niveau de français des élèves’’, dans le cadre du projet Accent. 

« L’ACFA (Association canadienne-française de l’Alberta) nous a demandé de développer cette formation pour aider les pourvoyeurs de services à aller atteindre les objectifs très spécifiques du milieu scolaire de l’Alberta », raconte Anita Rudichuk. Elle et Huguette Hébert ont ainsi animé l’atelier ‘‘Développer et adapter ses activités scolaires en fonction du programme d’études albertain et du niveau de français des élèves’’, vendredi 17 avril à La Cité francophone, à Edmonton.

« J’ai une compagnie (Tradansa, NDLR) qui offre des ateliers de danse en milieu scolaire. J’adapte ma formation aux différents milieux langagiers. J’ai appris quelque chose et je suis là pour le transmettre, explique simplement Mme Rudichuk. Je me suis associée à Huguette qui a un bagage universitaire et a enseigné à de futurs enseignants. » Aujourd’hui à la retraite, Mme Hébert a plus de 25 ans d’expérience en éducation. « J’ai eu un contrat avec le ministère de l’Éducation pour développer le guide [albertain] de mise en œuvre du programme d’éducation physique adapté à l’immersion et au milieu francophone », prend-elle pour exemple.


Se mettre dans la peau des apprenants

L’atelier proposé par les deux formatrices est divisé en deux sessions. Le matin, il s’agit de « se sensibiliser [à] de sa propre langue et aux différents niveaux langagiers [à adopter] dans les programmes de français langue seconde, d’immersion et de francophones », explique Huguette Hébert. « L’idée, [c’est] de mettre les participants de la formation dans la peau des apprenants », résume Anita Rudichuk.

Pour cela, trois vidéos ont été diffusées aux six participants de l’atelier : la première en japonais (correspondant au niveau débutant, puisque personne autour de la table ne parle cette langue), la deuxième espagnol (intermédiaire, car beaucoup de mots sont similaires au français) et la troisième en français toulousain (correspondant au niveau avancé). Pas évident, même dans le cas du troisième exercice car de nombreux mots ou expressions spécifiques de la région française de Toulouse sont utilisés… Une bonne illustration du fait qu’on peut parler la même langue – en l’occurrence le français – et ne pas arriver à bien communiquer. Une situation que l’on pourrait d’ailleurs retrouver avec un professeur québécois s’adressant à des jeunes français ou congolais.

Anita Rudichuk explique que lorsque le vocabulaire des apprenants n’est pas encore très développé – par exemple dans les classes de français langue seconde–, il existe « différentes stratégies de communication verbale et non-verbale pour s’assurer que la communication puisse se faire », comme l’usage de gestes ou de mots-clés récurrents.

« On cherche toujours à ce que les jeunes s’identifient »

« C’est une des meilleures formations que j’ai eue depuis longtemps », confie à la mi-journée Mireille Lavoie-Beaupré, une participante de l’atelier. Agente de développement à l’ACFA de Bonnyville-Cold Lake, elle travaille beaucoup avec les écoles, tout au long de l’année. « On cherche toujours à ce que les jeunes s’identifient, quel que soit leur niveau de langage, à les rejoindre dans leur réalité langagière et culturelle », ajoute Mme Lavoie-Beaupré.

De son côté, Linda Groth, la présidente de la Fédération des aînés franco-albertains (FAFA), se montre elle aussi satisfaite. « Personnellement, je suis formée dans le domaine de l’éducation. Mes attentes étaient assez hautes et elles ont été dépassées », reconnaît-elle.

Mme Groth a par exemple noté quelques éléments auxquels il faut faire attention lorsqu’on s’adresse à des jeunes : « Est-ce qu’on parle trop vite ? Est-ce qu’on a présenté assez de répétitions ? Est-ce qu’on a choisi […] un vocabulaire commun à ce niveau d’apprentissage ? »

Elle-même compte utiliser des éléments de l’atelier dans une prochaine campagne de sensibilisation de la FAFA à destination de la jeunesse.

« Cet après-midi, ça va être beaucoup plus sur le système scolaire et le curriculum », ajoute-t-elle, en référence à la deuxième session de l’atelier consacrée aux activités reliées au programme d’étude de la province. De quoi en apprendre un peu plus sur les particularités de l’école en Alberta…

Une formation similaire sera proposée le 7 mai à Calgary par les deux mêmes intervenantes.
 

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