Une tempête s’annonce pour les frais de scolarité

Vert et or. Ce sont les couleurs officielles de l’Université de l’Alberta, mais on ne peut pas dire que ce soient les couleurs que l’on trouve dans ses coffres-forts. Après des coupures importantes de 147 millions de dollars en 2013, les institutions postsecondaires en Alberta ont souffert et ont dû être créatives pour maintenir leur niveau de service. Certes, elles ont survécu, mais encore une fois, on dirait que ce sont les étudiants qui vont devoir fouiller dans leurs poches vides pour payer l’addition.

En avril 2013, la première ministre Alison Redford avait promis que le budget du gouvernement de l’Alberta ne serait pas équilibré sur le dos des étudiants. Néanmoins, ces derniers jours, c’est un tout autre refrain que nous entendons de la part de M. Prentice.À cause de la situation économique précaire, Jim Prentice a annoncé aux Albertains une des options qu’il considère pour ménager le portefeuille albertain: l’augmentation des frais de scolarité.


En ce moment, les frais de scolarités pour les institutions postsecondaires ne peuvent pas augmenter plus que le taux d’inflation. Ceci permet aux étudiants d’estimer leur frais et ainsi planifier leur budget. Cependant, Prentice a signalé qu’il considérait modifier cette limite pour permettre aux institutions postsecondaires d’être plus autonomes au niveau économique et donc d’alléger la perte de financement potentielle que le prochain budget provincial pourrait apporter. En tant que membre de l’association étudiante, je peux dire que c’est une tempête que nous espérions éviter.

Plutôt que de nous proposer un plan d’attaque et des moyens novateurs pour rétablir notre économie, on nous lance en pleine figure des mesures d’austérité abrutissantes. L’argent ne pousse certainement pas sur les arbres, mais on se demande où est passée la valorisation de l’éducation et du milieu universitaire dans notre société. Chacun doit faire sa part, mais avons-nous abandonné l’État-providence pour une société libre américaine où les frais de scolarité peuvent s’étendre à 5000 $ et où l’éducation postsecondaire est un privilège de l’élite et le rêve des moins fortunés? Il ne faut pas oublier que les frais de scolarité ne sont qu’une partie du budget étudiant qui inclut, entre autres, les frais de logement, nourriture et manuels scolaires qui eux ne sont pas limités par l’inflation.

On se demande pourquoi l’Alberta qui a eu boom après boom pétrolier pense que c’est une bonne idée de rendre moins accessible l’éducation postsecondaire. Pendant ce temps, l’Allemagne vient d’éliminer complètement ses frais de scolarité et l’on peut retrouver des universités en Norvège et en Finlande qui sont elles aussi sans ce genre de frais.

Les étudiants de l’Alberta devraient être terrifiés. Ils devraient avoir peur car ils font face, d’un côté, à un gouvernement qui semble oublier l’importance et la valeur d’une éducation universitaire et, de l’autre côté, à un leader qui n’est pas prêt de tenir ses promesses. En août 2014, Prentice avait annoncé lors de sa campagne pour la chefferie du parti conservateur que, s’il était élu, il rétablirait le financement des institutions postsecondaires coupé en 2013. Les cartes ne sont pas encore jouées et M. Prentice a encore une chance de tenir sa promesse. S’il ne le fait pas, nous ne devrions pas être surpris. C’est une chanson que nous avons longtemps entendue, mais quand elle tourne en boucle, elle devrait nous faire nous interroger sur ceux qui la jouent.

Colin Champagne, conseiller à l’Union des étudiants de l’Université de l’Alberta

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