Deux nouveaux centres d’apprentissage pour mieux accompagner les élèves

Les écoles Père-Lacombe et Maurice-Lavallée (Edmonton) bénéficient désormais de centres d’apprentissage. Un outil supplémentaire pour favoriser la réussite des élèves avec des besoins spéciaux.

« Pour répondre aux besoins des élèves, il faut une variété de moyens. Le but premier est toujours l’inclusion mais le centre d’apprentissage permet de travailler la littératie, la numératie et des habiletés de vie », explique Gisèle Bourque, conseillère pédagogique en inclusion et littératie au Conseil scolaire Centre-Nord.

À l’École Père-Lacombe, le nouveau centre d’apprentissage complète un dispositif déjà fourni : les équipes du projet Espoir (accompagnement pour l’intégration sociale, la gestion des émotions, la santé physique et mentale), une intervenante en francisation langue seconde et une accompagnatrice pédagogique, sans oublier les aide-élèves. « Certains enfants ne savent pas gérer leurs émotions ou ne savent pas fonctionner dans un milieu où il y a un cadre », explique Josée Lemire, la directrice (photo ci-contre), tout en confirmant que « le but, c’est d’essayer que nos élèves soient en classe le plus longtemps possible ».


Pour autant, le centre d’apprentissage constitue bel et bien une salle de classe distincte pour des élèves avec « difficulté d’apprentissage, léger retard en lecture, dyslexie, etc. », cite notamment Martine Boudreau (photo ci-contre), l’enseignante chargée du centre d’apprentissage à Père-Lacombe, avant de donner quelques exemples : « Présentement, avec les plus jeunes, pour développer la conscience phonologique, je me sers d’une méthode phonético-gestuelle de Suzanne Borel-Maisonny, une des fondatrices, en France, de l’orthophonie. Avec les plus vieux, j’essaie d’intégrer la technologie d’aide. J’utilise une application de Google qui s’appelle Read and Write. Cela permet aux élèves d’écouter ce qu’ils écrivent. »

Martine Boudreau intervient aussi dans des salles de classes « ordinaires » où elle apporte son soutien à certains élèves. Comme elle n’a commencé son travail qu’en janvier, il est encore trop tôt pour mesurer les progrès accomplis. « Je vois beaucoup de motivation avec les jeunes qui utilisent la méthode gestuelle pour apprendre les sons », explique cependant l’enseignante. Elle s’occupe d’une quarantaine d’élèves environ. L’école Père-Lacombe en compte 315.

Du côté de Maurice-Lavallée

Depuis septembre 2014, l’École Maurice-Lavallée s’est elle aussi créé un centre d’apprentissage, à la manière d’Alexandre-Taché ou de La Découverte, au sein du même conseil scolaire. Gabrielle-Roy possède une classe un peu différente dite “de mise à niveau” et Joseph-Moreau une classe “de transition”.

L’enseignante Michelle Martin (photo ci-contre) s’en occupe, assistée par deux aide-élèves. La salle de classe servait auparavant à un cours d’écriture avancé. De nombreux ordinateurs sont à disposition, mais l’ambition est d’installer une salle de bain avec douche et une cuisine, pour de futurs élèves à besoins spéciaux. À Maurice-Lavallée, ils ne sont pour l’instant que cinq, de la 9e à la 12e année.

« On n’a pas un élève qui passe plus que la moitié de sa journée ici », précise Mme Martin, qui insiste sur l’importance de faire un maximum de cours ‘‘classiques’’. « On a une élève qui fait des cours de langue dans les salles de classe mais elle a besoin d’aide en maths et tout ce qui est logique », détaille la professeure, en précisant que « la majorité de nos élèves sont en cheminement pour faire leur certificat d’achèvement », une manière alternative de valider son secondaire.

Chaque élève a un profil particulier et des activités associées mais ils se retrouvent tous ensemble pour jouer au Monopoly. Les échanges de faux billets permettent de faire des calculs (mentaux ou à la calculatrice si besoin). En outre, les joueurs doivent communiquer au fil de la partie, ne serait-ce que pour lire les cartes aux autres, demander des sous ou remercier après les avoir reçus. Bien que la partie s’étale sur plusieurs séances, les cinq jeunes s’appliquent et semblent s’amuser.

Outre les langues et les mathématiques, le centre permet de développer des habiletés du quotidien. « Ils font un peu de cuisine, travaillent à la buanderie (plier et laver du linge), des tâches pour devenir de plus en plus indépendants », explique Michelle Martin, qui apprécie « travailler avec des élèves qui veulent apprendre, qui participent si bien… On peut voir beaucoup d’évolution ! »

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut