La question d’éthique se pose tous les jours dans la vie du journaliste ou de l’éditeur en situation minoritaire. Certaines règles, qui me semblaient avant primordiales, sont maintenant logistiquement impossibles à appliquer. Par exemple, l’auteur d’un éditorial sur un sujet sensible ne devrait pas être le même que celui de l’article de nouvelles sur le même sujet. Si pour des raisons d’horaire, je me retrouve à couvrir un événement qui soulève une problématique cruciale pour la communauté francophone, devrais-je m’empêcher de traiter de cette problématique dans mon éditorial ? Ainsi, portant plusieurs chapeaux, je dois jongler avec les responsabilités et les codes d’éthique propres à chacun d’eux. Mais comme me le faisait remarquer quelqu’un qui m’est proche, c’est ce qui rend notre métier intéressant.

« Les participants donnent à l’ACFA le mandat de continuer à travailler à l’obtention de la gouvernance du Collège francophone. »

C’est ainsi que se lit la proposition amenée en assemblée générale par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) et non soumise au vote puisque « de consensus ». Toutes les propositions issues des ateliers lors du Congrès annuel de la francophonie ont fait « consensus ».

Ce mot écrit noir sur blanc sur le tableau m’a frappée, surtout par rapport aux ateliers auxquels j’ai assisté. Celui du rapport du Réseau en immigration francophone de l’Alberta (RIFA) a démontré que personne ne s’entendait sur 1. l’utilité du RIFA, 2. les termes employés pour parler des différents groupes socioculturels qui constituent la francophonie albertaine, 3. ce qu’on doit faire avec les immigrants. (Je le dis comme ça parce que pour moi, quand on essaie de changer le discours public, il faut pouvoir appeler un chat un chat.)

Pourquoi passer par un autre média quand on a une tribune dans le sien? C’est ce que je me suis dit après avoir vu le téléjournal Alberta du 9 octobre. Ce qui devait être un topo sur la nécessité de donner au Fonds du Franco pour assurer sa survie à long terme a été tronqué comme soundbite local ajouté en fin de reportage sur une Conférence internationale sur les médias francophones à Montréal.

Déception, je dois le dire, mais  j’ai parfois tendance à oublier les exigences de la télé. Je vais donc vous expliquer aujourd’hui ce que je voulais pouvoir vous communiquer alors.

Le Fonds du Franco existe depuis l’année dernière seulement. Lorsqu’il a été créé, vous êtes nombreux à avoir donné très généreusement, et je vous demande de le faire à nouveau pour que la communauté francophone du futur puisse, comme vous, profiter d’une source d’information en français de proximité et indépendante.

Cette semaine, avec un journal bien rempli de mots (peut-être un peu trop, à vous de me le dire),  j’ai l’envie de vous parler de la délicatesse dont nous devons faire preuve dans notre travail de journalistes au Franco.

Nous portons plusieurs chapeaux à cause de la petitesse de notre équipe. Petite mais invincible, nous voulons bien le croire parfois. Pourtant, il est difficile de se surveiller mutuellement, et d’avoir la distance nécessaire pour s’assurer de la rigueur de nos propos.

Nous faisons du mieux que nous pouvons, et une solution à ce problème est de parler au plus grand nombre de sources possibles, surtout dans des dossiers sensibles comme celui du Centre de santé Saint-Thomas.

Pourtant, il n’en demeure pas moins difficile de faire la part des choses… mais aussi de poser toutes les bonnes questions. En écoutant la tribune téléphonique à l’émission Le Midi 30, sur les ondes d’Ici Première, lundi 6 octobre, je me suis d’abord rongé les sangs de ne pas avoir posé la question d’un des auditeurs : « Pourquoi est-ce que la communauté n’a pas été informée (des démarches qu’a entreprises le CA du CSST auprès du groupe catholique Covenant Care) ?

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