Écoles catholiques et alliances gais-hétéros

Si j’étais mère d’un enfant en âge d’être inscrit à la nouvelle école de Beaumont, ou de Camrose, je me serais posé une question lors de la réunion des parents sur la confessionnalité de l’école. Est-ce que l’école, étant catholique, pourrait refuser de former des alliances gais-hétéros dans l’école de mon enfant ? Est-ce que des précédents font qu’il y aurait de fortes chances que certaines écoles s’y opposent ?

La réponse bien sûr ne relève pas seulement du conseil scolaire. Le projet de loi 10 sur les alliances gais-hétéros est à l’heure actuelle dans la pile « pas pour tout de suite », car le premier ministre Prentice a dû faire face à des représailles de tous côtés, y compris de membres de son propre parti. L’ironie, c’est qu’il essayait, avec un projet de loi pratiquement et idéologiquement contradictoire, d’accommoder tant les droits des jeunes LGBTQ, que ceux des parents ainsi que l’autonomie des conseils scolaires, ne s’attirant au final que des ennuis. Selon l’éditorialiste Graham Thompson, on peut s’attendre à ce que ce projet de loi revienne sur la table à la session parlementaire du printemps.


Dans l’éventualité de l’adoption de la loi 10 telle qu’elle est écrite maintenant (c’est-à-dire contenant une clause d’exemption pour les écoles catholiques), je serais inquiète pour les enfants qui fréquentent ces écoles. Il y a un an, 7 conseils catholiques, dont un était francophone, ont fait l’objet d’une plainte à la Commission des droits de la personne de l’Alberta pour avoir refusé d’offrir le vaccin contre le Virus du papillome humain (VPH) dans leurs écoles. Je rappelle que le directeur dudit conseil avait cité comme raison qu’ « administrer le vaccin dans les écoles envoyait un message aux élèves que le sexe était ‘‘permissible’’ avant d’être dans une relation maritale ». D’abord, seulement 40 types de VPH sur une centaine sont transmissibles sexuellement. Mais sur ceux-ci, 15 sont pathologiques et sont à l’origine de 70 % des cas de cancer du col de l’utérus.

Quand il s’agit de protéger nos enfants, que ce soit d’un virus ou de l’intimidation en milieu scolaire, le bon sens devrait primer sur la confessionalité de l’école et certains droits institutionnels qui s’y rattachent.

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