Préserver l'histoire orale de la francophonie albertaine

Vous avez peut-être vu passer une annonce pour notre activité de la Semaine de l’immigration francophone de l’Alberta, Gardiens d’histoires… Dans le calendrier d’activités, ça n’en disait pas long : « Venez raconter votre histoire au bureau du Franco ». En effet, il ne s’agit que de ça. Pour cette activité – qui, comme je vais vous l’expliquer, se veut un projet à long terme –, il s’agit de s’éloigner quelque peu des directives du journalisme pour revenir aux sources de ce qu’est l’histoire orale, dans la grande tradition du journaliste radio américain Studs Terkel.


Dans les dernières discussions auxquelles j’ai assisté au sujet de l’immigration francophone en Alberta, j’ai retenu deux choses. Tout d’abord, il semble y avoir un déficit de communication structurel entre certains organismes de la francophonie albertaine qui se disent représenter les « communautés d’accueil » et les nouveaux arrivants. Je me suis donc dit qu’il fallait faire preuve de créativité pour renouveler ces modes de communication, mais également réintroduire l’élément volontaire des initiatives qui visent les nouveaux arrivants. Ceux-ci ne font pas preuve de la même apathie que certains d’entre nous qui sommes engourdis par le statu quo conservateur en Alberta et au Canada (par exemple). Quand on regarde un organisme comme CANAVUA, on voit bien qu’il y a de la part des immigrants une immense volonté de participation.

L’autre élément qui m’a touchée dans les discussions autour du métissage de la francophonie en Alberta, c’est l’importance d’écrire une histoire contemporaine commune et de la documenter. Ici, au Franco, nous documentons l’actualité (qui devient vite histoire) des communautés francophones de l’Alberta depuis 1928. Mais comme je le disais plus tôt, il faut parfois savoir se réinventer pour mieux raconter cette histoire.

Gardiens d’histoires est inspiré d’une organisation qui a fêté ses 10 ans aux États-Unis cette année et qui s’est justement donné comme mission de préserver l’histoire orale de nos vies : Story Corps. L’idée est d’offrir une voix à qui veut être entendu, particulièrement aux franges de la société américaine qui sont souvent ignorées. Il ne s’agit pas d’interviews radiophoniques dans le sens journalistique du terme. Les employés de Story Corps sont des facilitateurs : les micros sont donnés aux interlocuteurs qui sont maîtres de la trace orale qu’ils laissent pour la pérennité. De cette façon, ils ont recueilli plus de 50 000 histoires et entendu plus de 90 000 participants aux États-Unis, ce qui en fait la plus grande archive d’histoire orale n’ayant jamais existé.

C’est donc dans cette optique que nous avons voulu nous-mêmes entamer, au Franco, la création d’une archive audio de la diversité culturelle de la francophonie, destinée autant à ceux dont les ancêtres se sont installés dans les homesteads il y a plus de 100 ans qu’à ceux qui viennent d’arriver et qui veulent approfondir leurs connaissances de la francophonie albertaine,  ou aux deuxièmes générations issues de l’immigration qui s’intéressent à l’histoire de leurs parents… Bref, à qui veut bien écouter.

Et rappelez-vous, le micro qui est installé dans nos bureaux vous appartient.

Vos témoignages sur le site Gardiens d'histoires.

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