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Pourquoi passer par un autre média quand on a une tribune dans le sien? C’est ce que je me suis dit après avoir vu le téléjournal Alberta du 9 octobre. Ce qui devait être un topo sur la nécessité de donner au Fonds du Franco pour assurer sa survie à long terme a été tronqué comme soundbite local ajouté en fin de reportage sur une Conférence internationale sur les médias francophones à Montréal.

Déception, je dois le dire, mais  j’ai parfois tendance à oublier les exigences de la télé. Je vais donc vous expliquer aujourd’hui ce que je voulais pouvoir vous communiquer alors.

Le Fonds du Franco existe depuis l’année dernière seulement. Lorsqu’il a été créé, vous êtes nombreux à avoir donné très généreusement, et je vous demande de le faire à nouveau pour que la communauté francophone du futur puisse, comme vous, profiter d’une source d’information en français de proximité et indépendante.


Vous aussi, vous pourrez en profiter. Dès l’automne 2015, le fonds pourra appuyer des initiatives du Franco. Nous mettons déjà la main à la pâte pour partager avec les jeunes un peu de notre expérience et leur donner la piqûre du journalisme. Les élèves de Pascal Morissette, à l’école La Mission de Saint-Albert, travaillent en ce moment sur un projet dont nous dévoilerons le résultat dans les semaines qui viennent. Et nous ne demandons qu’à faire plus de projets dans les écoles, à condition que nous puissions déléguer d’autres tâches qui nous lient habituellement à notre bureau la majeure partie du temps. Il semble presque inutile de le dire dans cette société qui encourage les excès de vitesse... mais le temps, c’est de l’argent. Voilà, c’est dit.

Une autre initiative que je voudrais mettre en place dès l’automne 2015 serait d’offrir des bourses pour des séries de reportages sur les communautés francophones hors des centres urbains. Pour que vous puissiez nous raconter vos propres histoires, de la manière dont vous le souhaitez. Nous, nous serons là pour le support technique et la plateforme de diffusion. Je réitère : contribuer au Fonds du Franco permettra de financer ces programmes.

D’ailleurs, comme le disait Jean Johnson au sujet du Francothon, la générosité ne se mesure pas par la valeur monétaire dont vous déciderez de vous séparer. Je rajouterais que donner quelques heures de votre temps bénévolement pour écrire une chronique, travailler sur un reportage, ou même nous appeler pour nous faire part des nouvelles de votre coin de la province sont autant de gestes posés qui font la différence pour nous. Merci à tous ceux qui le font déjà.

Je vous demande personnellement donc de donner généreusement au Fonds du Franco, qui demeure pour la pérennité comme assurance, peu importe la forme que le journal prendra. Si vous avez regardé le téléjournal ce jour-là, tout ce que vous avez pu entendre de ma bouche est qu’une transition vers le web est nécessaire pour garder la tête hors de l’eau.

Mais cette transition est plus facile à souhaiter à la télé qu’à mettre en place demain matin. Nous sommes encore dépendants des revenus publicitaires papier qui chutent tous les ans, mais qui comptent pour plus du quart de nos revenus. La publicité sur le web – même si nous pouvions investir dans un site web digne de 2014 – n’atteignerait jamais ce montant.

Il nous faut donc diversifier les modes de financement du journal. La générosité de nos fidèles lecteurs, ou simplement de ceux qui croient en notre potentiel, est selon moi garant de notre indépendance, mais aussi de l’innovation dont nous devons faire preuve.

Cela fonctionne pour les radios communautaires qui font des levées de fonds annuelles sur leurs ondes et sur Internet qui leur permettent de faire preuve d’audace le reste de l’année. Plusieurs journaux ou magazines à grande distribution imprimés et en ligne ne vivent que de leurs abonnements et des dons des lecteurs. Ils sont à l’avant-plan du journalisme d’enquête, de données et utilisent les outils technologiques à bon escient.

Le Franco a déjà la chance d’avoir une communauté qui le supporte depuis des années. Je souhaite que vous soyez au rendez-vous lors du premier Francothon albertain vendredi pour soutenir votre presse libre et francophone.

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