De la difficulté de faire la part des choses…

Cette semaine, avec un journal bien rempli de mots (peut-être un peu trop, à vous de me le dire),  j’ai l’envie de vous parler de la délicatesse dont nous devons faire preuve dans notre travail de journalistes au Franco.

Nous portons plusieurs chapeaux à cause de la petitesse de notre équipe. Petite mais invincible, nous voulons bien le croire parfois. Pourtant, il est difficile de se surveiller mutuellement, et d’avoir la distance nécessaire pour s’assurer de la rigueur de nos propos.

Nous faisons du mieux que nous pouvons, et une solution à ce problème est de parler au plus grand nombre de sources possibles, surtout dans des dossiers sensibles comme celui du Centre de santé Saint-Thomas.

Pourtant, il n’en demeure pas moins difficile de faire la part des choses… mais aussi de poser toutes les bonnes questions. En écoutant la tribune téléphonique à l’émission Le Midi 30, sur les ondes d’Ici Première, lundi 6 octobre, je me suis d’abord rongé les sangs de ne pas avoir posé la question d’un des auditeurs : « Pourquoi est-ce que la communauté n’a pas été informée (des démarches qu’a entreprises le CA du CSST auprès du groupe catholique Covenant Care) ?


En même temps, les réactions viscérales qui ont suivi la fuite de l’information à Radio-Canada et la nouvelle subséquente permettent de comprendre qu’un groupe corporatif (même si à but non lucratif) de la taille de Covenant Health (qui a créé son organisation sœur, Covenant Care presqu’en même temps que les pourparlers avec le CSST ont été entamés) ne veuille pas avoir à gérer les retombées d’une telle information auprès du public, durant ses négociations.

Je n’ai pourtant jamais compris pourquoi, en général, les grosses compagnies ou organisations préfèrent donner de l’information au compte-goutte et laisser leurs porte-paroles se battre dans la mêlée des médias et du public plutôt que de donner tous les détails d’entrée de jeu. Espèrent-ils que, de cette façon, l’incompréhension prendra le dessus, et les médias seront trop occupés à documenter les réactions du commun des mortels parce que souvent plus juteuses et accessibles ?

Sur ce point, il en est d’autant plus difficile, même pour les premiers concernés, d’avoir toute l’information nécessaire pour se faire une opinion constructive et ainsi s’outiller pour se faire entendre au dessus de la mêlée.

La première chose que le vice-président du CA Jean Johnson m’a dite en entrevue (sans même que j’ai le temps de placer ma première question) est qu’il était déçu que la cible numéro un de la critique publique ait été les gestionnaires bénévoles. Se sentait-il lui aussi visé étant donné qu’il a été l’un d’eux ?

Il m’a dit s’être retiré du processus décisionnel pendant les pourparlers avec Covenant Care, que le choix de « partenaire » avait été fait avant lui et que de toute manière, ses relations politiques n’étaient plus utiles, puisque supplantées par celles de Covenant. Selon lui, mieux vaut cette solution que pas de centre de santé du tout. Il me semble que tous seraient d’accord là-dessus.

Mais ceci soulève une autre question : en étions-nous arrivés là ? Encore une fois, comment s’attendre à ce que la communauté puisse faire la part des choses sur la question ?

Je pense que c’est cette information cruciale qui devait être avant tout éclaircie. Selon les propos de Jean Johnson, vice-président du CA, Paul Denis, président du CA, Denis Vincent, président du Réseau santé albertain, et deux donateurs du CSST Denis Colette et Maurice Godette, la réponse est oui.

À qui la faute ? Qu’Alberta Health Services ait fait de son mieux ou que le ministère soit entièrement responsable des déboires financiers du CSST (sur ce point, les opinions des personnes mentionnées ci-haut diffèrent), l’histoire a démontré que cela pouvait fluctuer d’année en année. Par ailleurs, l’influence de Covenant Care dans les rouages politiques est bien réelle puisqu’ils ont réussi à faire effacer la dette de près de 500 000 $ que devait le centre à AHS (à leur avantage bien sûr).

J’hésite presque à émettre une opinion sur ce que sera le sort du CSST dans cinq ans, ou si les promesses de francisation et de « possession du contenu » répétées par M. Denis sont fondées, puisque même après avoir interviewé plus d’une demi-douzaine de personnes, il n’en demeure pas moins difficile pour nous, de faire la part des choses.

Une chose est sûre pourtant, le CSST se trouve mieux sur la rue Marie-Anne-Gaboury que nulle part, et mieux vaut trop d’informations que pas du tout.

C’est notre souhait qu’en lisant nos articles chaque semaine, vous y voyez un peu plus clair.

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