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Petites victoires

Le communiqué de presse de l’ACFA suite à l’élection presque (77 %) unanime de Jim Prentice à la tête du Parti progressiste-conservateur fait foi à mon éditorial de la semaine dernière. Le président de l’ACFA, Jean Johnson, relance le Premier ministre désigné de la province à venir rencontrer la communauté francophone, tel que promis.

En effet, lors de sa visite du 25 juillet à La Cité francophone, M. Prentice, alors candidat à la chefferie, avait renchéri sur la demande de visite de M. Johnson : mieux vaut deux fois qu’une (rencontre annuelle).

Dans les faits, ça ne l’engage qu’à un déplacement et au jeu de consultation (favori des politiciens qui sont passés maitres dans l’art… de consulter, point). Vous prendrez ce qu’on nous donne du moins, une oreille c’est déjà ça.


Le président de l’ACFA est optimiste en tout cas : « Le gouvernement Prentice signale une nouvelle époque où la modernité de l’Alberta sera interprétée à la lumière des valeurs traditionnelles de l’époque Lougheed : ouverture, diversité, fierté et souci du bien-être des citoyens. » Si vous lisez mon article sur Evelyne Uma, vous verrez qu’il a bien du chemin à faire en ce qui concerne l’ouverture et le souci du bien-être des citoyens en Alberta.

Ce qui me laisse perplexe : lors de sa visite en juillet dernier, Jim Prentice avait affirmé qu’il ne voulait pas faire de promesses lors de sa campagne pour la chefferie. Pourtant, dans un article paru dans le Edmonton Journal lundi, on identifiait plus d’une douzaine de promesses que le candidat avait faites tout le long de sa campagne. Pourquoi pas une de plus ?

Par souci de rester positive en cette saison de tombée de feuilles et de neige (si tôt), je me dois de vous faire part des « petites victoires » de la semaine.

Petite victoire numéro 1 : à l’insu de lui-même (ou enfin, de son responsable des communications Bryce Forbes, qui devait me recontacter à ce sujet, ne sachant pas de quoi je voulais parler), le Parti progressiste-conservateur a offert à ses membres la possibilité de voter en français en Alberta.

Comme me l’a rapporté un membre du parti qui a voté vendredi dernier, lors de la validation de l’identité de l’électeur, on lui offrait l’option « english » ou « français ». Ensuite, lorsque l’électeur passait au vote, tout était en français.

Le Parti progressiste-conservateur n’a pas répondu à ma question Re : Est-ce que c’est le vote électronique qui permet automatiquement cette option ou était-ce intentionnel d’offrir la possibilité de voter pour le chef du parti dans les deux langues officielles ?

Il s’agissait ici d’une élection interne au parti. Aux dernières nouvelles, c’est une première en Alberta. Élections Alberta a d’ailleurs confirmé que toutes les élections municipales, provinciales et fédérales en Alberta étaient unilingues.

Petite victoire numéro 2 : on oublie trop souvent, surtout en tant que média francophone, les gens qui font des efforts pour parler notre belle langue. Quand on voit le succès du Quartier francophone, on comprend que la « french touch », c’est un style de vie qui se vend bien. Avec ça vient l’attrait de la langue. Et ceux qui balbutient quelques mots ont toujours un sourire au lèvres même quand ils disent « mon français est très… bad ».

La semaine dernière sur notre site web, j’ai fait le choix de publier un diaporama sonore qui était à moitié en anglais. Le logiciel utilisé ne me permettant pas de mettre des sous-titres, j’ai imploré votre indulgence. À nouveau, lors de ma visite à la Galerie d’art de l’Alberta (article en page 10), j’ai fait une petite vidéo avec la responsable des expositions Laura Ritchie. Disons seulement qu’elle cherchait ses mots… (si vous ne l’avez pas vue, c’est sur notre page Facebook et ce qu’elle a à dire est très intéressant)

Sa bonne humeur et les efforts fournis pour me donner un soundbite (puisqu’elle pensait que je venais de la télé) m’ont fait réfléchir. Je pense qu’il y a de l’espace, dans votre journal francophone de l’Alberta, pour les francophiles de bonne humeur. Et vous ?

Petite victoire numéro 3 : celle de toutes les mamans (et les papas) qui ont amené leurs enfants à l’école francophone. En particulier, celles et ceux de Lac La Biche, Camrose et Beaumont. L’école d’immersion est un choix, mais si vous n’avez pas l’alternative de l’école francophone, ce n’en est plus un.

Vous avez surement attendu l’autobus, vous être trompé de porte d’entrée à la nouvelle école puisque la classe est l’ancienne bibliothèque qui plus tard sera le gymnase (pas facile de s’y retrouver, et comme nos chers parents de Saint-Albert, passer par la morgue pour aller reconduire son enfant à l’école, ça ne doit pas être très drôle). Peu importe, c’est une petite victoire qui appartient à tous les parents et les futurs parents ayant droit (notre dossier sur la rentrée est en pages 2-3, 5 et 12).

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