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Francophonie et couleur politique

La semaine dernière, je me posais la question : est-il problématique pour les organismes francophones de se positionner ouvertement derrière un candidat ou un parti politique dans le cadre d’une campagne électorale ? Certains de nos organismes ont une fonction avouée de lobbyiste politique : de par sa mission, l’ACFA se doit d’être le « porte-parole politique sur les enjeux ayant un impact sur la francophonie albertaine ». Dans le détail, qu’est-ce que cela prescrit ? Cette semaine, ma conversation avec le militant pour la survie de la langue française Léo Piquette m’a éclairé là-dessus (voir mon entrevue en page 10).


Mais revenons à la question. Je ne crois pas qu’il soit possible d’exclure l’appartenance partisane d’un individu qu’on soutient parce qu’il parle la langue de Molière. Il est cependant raisonnable de penser qu’un francophone sera mieux placé que quelqu’un qui ne sait pas s’exprimer en français (ou qui ne démontre, au minimum, l’intérêt d’apprendre, comme c’est le cas de plusieurs champions de la francophonie qu’il serait difficile de qualifier de bilingues) pour défendre les droits des francophones. Doit-on dans ce cas faire abstraction de toutes autres politiques dudit parti qui par exemple iraient à l’encontre de valeurs avouées et communes à la francophonie canadienne ? L’analyse est extrêmement délicate et faire la part des choses requiert un certain niveau de spéculation dans l’évaluation des gains politiques.

C’est là qu’entre en jeu Léo Piquette, de Plamondon. Malgré ma curiosité, je ne lui ai pas demandé pourquoi c’était sous les couleurs du NPD qu’il avait effectué son geste historique et rebelle en 1987 car, en réalité, ça n’a pas d’importance. Selon lui, qu’importe l’allégance politique des représentants que l’on sollicite, du moment qu’ils soient tenus au mot par le contrat social. « Il ne faut pas juste leur faire la cour, comme c’est souvent le cas », argumente-t-il. Dans l’hypothèse d’une promesse (électorale) concrète, il s’agirait donc d’une transaction qui ne lie les partis qu’aux termes spécifiques du contrat et, idéalement, en exclue le contexte partisan. « Je m’engage avec vous seulement si vous vous engagez à répondre au besoin de la francophonie », serait le modèle d’échange proposé par M. Piquette. Un idéal peut-être, mais un bon modus operandi pour nos organismes à mon avis.            

                   
 
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