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Un départ

Dans la vie, il y a des décisions qui sont faciles à prendre et d’autres qui sont beaucoup moins évidentes. Désireux de revenir dans l’Ouest canadien après un exil de cinq ans, le choix d’accepter le poste de rédacteur en chef du Franco en aout 2005, avait été, malgré le déménagement, une décision familiale relativement facile à prendre.
 

La possibilité de diriger un journal et de laisser son empreinte dans le milieu de la presse francophone en situation minoritaire avait facilité grandement ce choix. Mon objectif : implanter ma vision de l’hebdomadaire qui est, à mon humble avis, de refléter la vitalité de la communauté franco-albertaine.
 
Cela s’est fait un pas à la fois. Il y a d’abord eu ce rapprochement avec les écoles francophones, qui a mené à la publication mensuelle de pages scolaires à l’intérieur du journal et une plus grande distribution du Franco alors que les familles qui désirent recevoir le journal peuvent se prévaloir de cette option sans frais additionnels.
 
La réorientation du contenu afin de privilégier les évènements de la communauté s’est aussi matérialisée au fil des années. La vocation du journal francophone s’est transformée pour devenir, en quelque sorte, la voix « communautaire ». Tout cela, en maintenant certains standards de qualité, qui ont été rencontrés si l’on se fie aux nombreuses reconnaissances obtenues par Le Franco sur la scène nationale (Journal de l’année et quelques deuxièmes places), et ce, en tenant compte des effectifs réduits du journal.
 
À cela s’est ajoutée la création du mensuel francophone, en septembre 2012, afin de répondre à la demande de la communauté de Calgary et du Sud à la suite de la disparition du Chinook. Sans oublier la décision prise lors du dernier Rond Point concernant l’adhésion à l’ACFA et l’abonnement au Franco qui ne peut qu’être bénéfique pour le journal. En effet, un membre qui désire recevoir son Franco devra débourser pour le faire, tandis qu’un membre qui ne souhaite plus l’avoir chez lui évitera au journal une dépense…
 
À cause de tous ces exemples de réussites, et il y a certainement d’autres bons coups, presque neuf ans plus tard, le choix annoncé le 7 avril dernier de quitter la direction de l’hebdomadaire franco-albertain pour relever de nouveaux défis au Campus Saint-Jean peut représenter une surprise.
 
Toutefois, la réalité de l’hebdomadaire franco-albertain aujourd’hui est la même qu’il y a neuf ans, et elle était certainement la même pour mes prédécesseurs, soit celle de devoir travailler avec des budgets limités, une équipe restreinte et tenter de répondre aux nombreux besoins de la communauté dans une perspective de journal provincial. La réalité du Franco n’est pas étrangère à celle d’autres personnes qui œuvrent dans le milieu associatif franco-albertain, la grande différence étant cependant des évènements à couvrir régulièrement et un échéancier hebdomadaire tangible.
 
À mon avis, il y a une différence entre 2005 et 2014 : la reconnaissance du journal comme leadeur de la communauté franco-albertaine a été grandement solidifiée. Ceci ayant été accompli, j’estime que le moment était venu de céder ma place afin de permettre à une nouvelle personne, avec de nouvelles idées et une vision renouvelée, de contribuer à sa façon, et non à celle d’Étienne Alary, au développement du journal.
 
Je quitterai, au début mai, avec un pincement au cœur, certes, mais heureux du travail accompli et prêt à relever ce nouveau défi, toujours dans la communauté franco-albertaine, mais de l’autre côté de la rue Marie-Anne Gaboury dans le Quartier francophone. À vous, que vous soyez des lecteurs assidus ou occasionnels, je vous dis merci de m’avoir lu au cours de ces années.

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