Avant même que le premier programme ne démarre au Centre collégial de l’Alberta, l’Université de l’Alberta a décidé d’enfoncer le dernier clou dans le cercueil du dossier collégial alors qu’elle tente de vider ses locaux avant le 31 janvier.

Les bureaux administratifs sont déserts depuis le début de l’automne : les quelques employés ayant été rapatriés au Campus Saint-Jean pour s’acquitter de leurs tâches loin des yeux de la communauté franco-albertaine.

Avec le retour imminent de Carl Amrhein à titre de provost et vice-président académique, tel que cela a été annoncé à la fin du mois de novembre dernier, il faut sérieusement questionner les motivations du bureau des gouverneurs de l’Université qui tentent par tous les moyens de fermer définitivement le dossier collégial francophone, et ce, le plus rapidement possible.


Ne jouons pas à l’autruche : si M. Amrhein, un allié de la communauté franco-albertaine, n’avait pas pris un congé sabbatique, jumelé au départ prématuré l’an dernier du doyen Marc Arnal, le dossier collégial serait déjà bien établi. Il aurait démarré, même avec une poignée d’inscriptions, pour démontrer toute la pertinence d’offrir des études collégiales en français en Alberta.

Après tout, c’est sous le tandem Amrhein-Arnal que le concept a été développé, que des centaines de milliers de dollars ont été investis à rénover le rez-de-chaussée et le 1er étage de la Phase I de La Cité francophone, que du personnel a été embauché, etc.

En mettant fin prématurément à cette aventure, ceux qui s’opposent à l’ouverture du Centre collégial de l’Alberta tentent d’éviter qu’une partie de l’Entente Canada-Alberta concernant les langues officielles dans le domaine de l’éducation, une entente qui doit être renouvelée au 31 mars 2014, soit consacrée au développement du secteur collégial francophone.

Voilà pourquoi la communauté franco-albertaine tente par tous les moyens d’influencer la présidente de l’Université de l’Alberta, Indira Samarasekera, avec une campagne de lettres qui a été lancée le 20 janvier dernier.

Il est utopique de penser que la décision sera annulée, mais si la réponse de la communauté est forte, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), appuyée du consortium d’organismes francophones qui croit au secteur collégial en français, aura un argument de vente pour, peut-être, obtenir ledit financement et aller de l’avant avec l’incorporation du Centre collégial de l’Alberta sous la charte de l’ACFA.

Dans ce dossier, il serait facile de lancer la pierre uniquement à celui qui agit comme provost par intérim, en l’occurrence Martin Ferguson-Pell, et encore plus à celui qui a succédé à Marc Arnal comme doyen par intérim du CSJ, soit Ed Blackburn.

Mais, un fait demeure, si le bureau des gouverneurs de l’Université de l’Alberta avait mis autant d’énergie à soutenir les efforts pour lancer les programmes du Centre collégial plutôt que de tenter de le fermer, nul doute qu’il y aurait déjà plus d’un programme offert…
- Étienne Alary

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