Ceux qui connaissent la routine de l’hebdomadaire franco-albertain savent que les mercredis sont des journées plus tranquilles au bureau du Franco, après les journées de production que sont les lundis et les mardis.

Le 7 septembre 2005 a donc été mon premier « mercredi » à la tête du Franco. C’est cette journée-là que j’ai eu la chance de rencontrer, pour la première fois, Monsieur Trottier. Depuis son déménagement au manoir Saint-Thomas en 2004, M. Trottier profitait de ses mercredis pour faire un saut à La Cité francophone, pour venir au Franco, à l’ACFA, éventuellement au Centre de développement musical où a travaillé sa fille Lisette, et bien plus.


Micheline Brault, qui était alors adjointe administrative, m’avait préparé en me disant que nous aurions la visite d’une personne très spéciale qui a longtemps travaillé pour l’ACFA et qui est toujours très attachée à la communauté.

Lors de cette première rencontre, j’ai pu lui confirmer que je n’avais pas de lien de parenté avec les Alary de l’Alberta qu’il avait rencontrés lorsqu’il travaillait pour l’ACFA. Connaissant M. Trottier, j’en aurais certainement eu pour trois ou quatre heures à échanger avec intérêt, dois-je préciser, sur mes grands-oncles, mes grands-tantes et leurs descendants… « Vous êtes certain? », me répéta-t-il pour confirmer que je l’avais bien compris.

C’est ce qui caractérisait Eugène Trottier : sa passion pour la francophonie albertaine, mais surtout pour les personnes qui font partie de cette communauté. À écouter tous les gens qui m’ont parlé de M. Trottier au fil des ans, il était une véritable encyclopédie généalogique franco-albertaine ambulante.

Au fil des mercredis, des semaines, des mois et des années, j’ai eu le privilège d’échanger, parfois quelques minutes seulement, parfois pendant presque une heure, sur les dossiers de l’heure de la francophonie albertaine. Dès mon premier Rond Point, celui de 2005, la question du changement de nom de l’ACFA a été évoquée. Ont suivi les consultations en région sur ce dossier qui a soulevé les passions de plusieurs Franco-Albertains et qui ont mené à un vote, défait, lors du Rond
Point de 2006, tenu à Red Deer.

Outre le changement de nom, le dossier du membership de l’ACFA lui tenait à cœur. Il cachait difficilement sa déception quant au déclin graduel et continu du membership de l’association pour laquelle il avait donné 30 années de sa vie, à s’occuper justement de l’adhésion, en parallèle avec la vente des plans d’Assurance-vie Desjardins. Bien que le second était nécessaire pour garantir son gagne-pain, c’est le premier qu’il avait à cœur.

Entre 2004 à 2011, soit la période où il a vécu au Manoir Saint-Thomas, M. Trottier était également présent à tous les évènements de la communauté, les conférences Louis-Desrochers et autres, permettant d’échanger sur divers sujets, le mercredi suivant, lorsque le temps me le permettait.

Son premier emploi dans la francophonie albertaine aura été à titre de responsable de la vente d’abonnements pour la Survivance, en 1953. D’ailleurs, M. Trottier a toujours eu à cœur le développement du journal. Son dernier emploi, à tire de « bénévole », aura été d’être camelot pour le journal.

Si en 2005 ou 2006, il venait chercher trois ou quatre exemplaires du Franco chaque mercredi, le nombre de copies était passé à près de 20 par semaine en 2010 et 2011, avant qu’il ne tombe malade. Cela lui permettait d’élargir sa livraison, que ce soit aux locataires de La Cité, à des résidents du manoir ou encore, d’effectuer une tournée plus grande qui le menait jusqu’au bureau du doyen du Campus Saint-Jean.

Confiné au Dr. Gerald Zetter Care Center depuis la fin 2011, Eugène Trottier se tenait informé de l’actualité franco-albertaine par les visites qu’il recevait, mais aussi par la lecture assidue de son journal, et ce, en entier. D’ailleurs, une personne qui l’a visité le 24 décembre dernier, soit quelques jours avant son décès, m’a confirmé qu’en rentrant dans sa chambre, bien qu’affaibli, il lisait son journal.

M. Trottier, cela a été un véritable privilège de vous compter parmi les fidèles lecteurs du journal. Continuez à veiller sur votre francophonie albertaine d’en haut!

- Étienne Alary

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