Imprimer cette page

Être proactif

 

En ce mois de novembre, l’hiver semble bien installé un peu partout en province et qui dit hiver, dit le retour des nez qui coulent, des rhumes et de la grippe.
    
En début de semaine, Radio-Canada Alberta rapportait qu’un francophone d’Edmonton dénonçait le fait que la documentation qui lui a été fournie au Centre de santé Saint-Thomas à la suite de son vaccin contre l’influenza n’était disponible qu’en anglais.
   

Alberta Health Services soutient que ledit document est présentement en traduction et que la version française dont il dispose soit celle de 2011, utilisée lors de la campagne de vaccination ces deux dernières années, n’est pas à jour.
    
Reconnaissons que le retard dans la livraison du document en français est déplorable, surtout que la campagne est déjà amorcée depuis un mois, et que cela n’aurait jamais dû se produire. Toutefois, des directives verbales en français lui ont été transmises, sans oublier que l’agence provinciale de santé offre aussi, lorsque cela est nécessaire, un service de traduction sur sa ligne téléphonique.
    
Dans ce dossier, il faut se questionner à savoir si, par une approche plus proactive de la part de nos organismes, le document aurait été disponible à temps… Ce n’est pas comme si la campagne de vaccination était quelque chose de nouveau et non prévisible. Ne revient-elle pas chaque année?
    
Quand un élément politique négatif revient dans l’actualité, il semble toujours plus facile de cibler l’organisme porte-parole de la communauté, en l’occurrence l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). Pourtant, le Réseau santé albertain, avec son titre de chef de file de la communauté franco-albertaine en matière de santé, n’a-t-il pas le mandat d’augmenter les services de santé offerts en français?
    
Parfois, cela signifie sensibiliser les intervenants anglophones et mobiliser la communauté. D’autres fois, cela revient à s’assurer que certains outils, surtout lorsqu’il est question de dossiers touchant des francophones de partout en province, soient disponibles dans la langue de Molière.
    
Qu’on le veuille ou non, rendre la francophonie plus visible auprès de la province pour obtenir des services est parfois quelque chose de laborieux, puisqu’il y a toujours la Cause Caron qui est brandie comme excuse pour ne pas agir ou, comme dans la situation qui touche la campagne de vaccination, justifier un retard.
    
Il existe cependant des exemples de réussite. Notons ici l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta (AJEFA) qui a récemment obtenu l’autorisation de traduire, au bénéfice des francophones, les modifications apportées au guide Parenting After Separation.
    
Le Réseau santé albertain avait été proactif en 2011 en lançant la campagne Bonjour French, qui visait à promouvoir l’utilisation du français par les professionnels de la santé, puis, en 2012, en lançant le projet de dépistage et de détection précoce du diabète dans une dizaine de communautés de l’Alberta.
    
Bien qu’il soit difficile d’être sur tous les fronts, avec des budgets limités de surcroit, le Réseau doit prendre une part de responsabilité, tout comme la communauté franco-albertaine d’ailleurs. AHS a affirmé n’avoir reçu aucune plainte sur le fait que le document n’était pas disponible en français. Difficile de rectifier le tir
lorsque la problématique n’est pas soulevée par 1, 10 ou 100 francophones.
- Étienne Alary

Évaluer cet élément
(0 Votes)