Le Campus Saint-Jean (CSJ) vit une période difficile depuis deux ans… et la lumière au bout du tunnel semble encore très loin.

On se souviendra que l’établissement avait fait les manchettes pour les mauvaises raisons en aout 2012 alors qu’il devait composer avec un déficit estimé d’un million de dollars. Des mesures, exigées par l’Université de l’Alberta, avaient alors été prises pour redresser la situation et ramener Saint-Jean vers l’équilibre budgétaire.


Le Campus Saint-Jean a de nouveau dû faire face à l’adversité, le printemps dernier, lorsque le budget de la province comprenait des compressions de quelque 147 millions $ dans le milieu de l’éducation postsecondaire en Alberta. Pour le CSJ, la perte était évaluée initialement à quelque 600 000 $, soit 7 % de son budget. Ce montant a ensuite été revu à la baisse, à environ 430 000 $, et ce, grâce à de nouveaux revenus générés par l’Université, mais ce total s’ajoutait au million
que l’établissement avait déjà dû couper.

Mais voilà que le Campus Saint-Jean ne serait pas au bout de ses peines. L’Accord Canada-Alberta concernant les langues officielles dans le domaine de l’éducation, qui a permis au Campus d’obtenir 3,2 millions $ sur un budget total de près de 9 millions $, vient à échéance au 31 mars et aucune garantie n’a été donnée par la province que cette somme serait renouvelée.

Cette possibilité a mené les étudiants, qui avaient jusqu’à maintenant accepté les coupures sans broncher, à réagir. Menée par l’Association des universitaires de la Faculté Saint-Jean (AUFSJ), avec l’appui du Student Union de l’Université, une rencontre spéciale a eu lieu le 20 novembre dernier. Le message ne pouvait pas être plus clair : les étudiants n’ont pas l’intention de se laisser manger la laine sur le dos. Ces derniers réalisent qu’il commence à manquer de gras pour couper davantage et que ce sont des programmes qui risquent d’être en jeu.

Il faisait bon, pour les membres de la communauté présents à cette assemblée, de voir cette centaine d’étudiants unis et déterminés à réagir. Les étudiants iront d’abord de l’avant avec la méthode douce : une campagne de lettre destinée au ministre de l’Éducation supérieure, Thomas Lukaszuk, pour l’inciter à renouveler les sommes destinées au Campus Saint-Jean. En effet, l’argent de cet accord provient du gouvernement fédéral, mais c’est la province qui distribue les parts de tarte.

Une décision – maintien du budget, coupures partielles ou coupures draconiennes – dans ce dossier sera rendue au printemps. Si cela ne fonctionne pas, l’AUFSJ, sans dévoiler immédiatement son jeu, entend utiliser une méthode un peu moins douce pour faire valoir son point de vue. Pour l’appuyer dans cette lutte, l’association étudiante peut d’ores et déjà compter sur Francophonie jeunesse de l’Alberta, Canadien Parents for French et l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA).

Depuis l’Affaire Piquette à la fin des années 80 et la venue de la gestion scolaire francophone au début des années 90, la communauté franco-albertaine a peut-être perdu, au cours des 20 dernières années, ce sentiment d’urgence de s’unir pour dénoncer l’inacceptable. Aujourd’hui, cela pourrait être possible. L’élément catalyseur : l’avenir
du Campus Saint-Jean, seul établissement francophone d’éducation postsecondaire à l’ouest du Manitoba.

Si les étudiants décident de prendre le taureau par les cornes, et pourquoi pas si cela s’avère nécessaire d’envahir l’Assemblée législative, la communauté franco-albertaine tout entière ne pourra faire autrement que de joindre la partie. Ne pas le faire reviendrait à se résigner et d’accepter l’inacceptable…

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