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La « p’tite » école francophone!

Toute rentrée scolaire amène son lot de nouveautés et de surprises qui se transforment, parfois, en défis! Au cours des années de boum économique, principalement entre 2005 et 2008, les conseils scolaires francophones ont souvent connu des hausses vertigineuses des inscriptions pendant la période estivale, forçant ainsi ledit conseil à notamment embaucher du personnel à la dernière minute et à être imaginatif afin de faire une place à tous ces nouveaux élèves.

Ces années ont ensuite cédé la place, avec la crise économique, à une période plus creuse avec des hausses très modestes ou encore, dépendamment de l’école, d’un nombre d’inscriptions à la baisse par rapport à l’année précédente. Cette période moins réjouissante a amené la province déficitaire en terme budgétaire à resserrer ses cordons de la bourse, à couper dans divers programmes et secteurs. L’éducation n’étant pas soustrait à l’exercice, cela a forcé les conseils, et ce,autant francophones qu’anglophones, à couper leurs dépenses et à puiser dans leurs réserves pour tenter d’équilibrer leur budget.


La rentrée 2013-2014 semblait se dessiner, au printemps 2013, à suivre cette tendance. Pourtant, à Edmonton, cette nouvelle année vient défier toute logique. Alors que le Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) prévoyait dans son dernier budget une hausse modeste de ses inscriptions, de l’ordre d’environ 2 %, le CSCN, principalement grâce à ses écoles situées dans la capitale albertaine, se retrouve avec quelque 225 élèves de plus que l’an dernier, ce qui représente une augmentation de près de 9 %. Trois écoles paient le prix de cette arrivée soudaine et massive de nouveaux élèves : Sainte-Jeanne d’Arc et les deux écoles publiques d’Edmonton, À la découverte et Gabrielle-Roy.

À Sainte-Jeanne d’Arc, la hausse d’environ 9 % peut sembler moins importantes qu’à l’école Père-Lacombe (près de 14 %), mais lorsqu’une école comptait 411 élèves au 30 septembre 2012, le 9 % fait en sorte que l’école primaire (mat-6) approche des 450 élèves. Ce nombre est facilement dépassé si on ajoute les enfants qui fréquentent la prématernelle. À 450 élèves, on ne parle plus de petite école primaire.

Pour régler la situation, il n’y a pas de solution miracle : le moment est venu pour des parents vivant à Sherwood Park ou à Millwoods de demander une école francophone, ce qui permettrait de désengorger Sainte-Jeanne-d’Arc. Il est en effet difficile pour le conseil d’agir et de demander une école au ministre de l’Éducation lorsque cette demande n’est pas accompagnée du soutien des parents…

Du côté de l’école À la découverte, celle-ci a fait un bond considérable de plus de 40 % dans ses inscriptions, dépassant ainsi le cap de la centaine d’élèves. Cette école en a fait un bout de chemin depuis son ouverture en 2007. Dire que le conseil scolaire avait proposé de la fermer en janvier 2010, alors qu’elle ne comptait que 54 élèves, faute notamment de l’engagement des parents à s’impliquer dans le conseil d’école. La problématique de cette école publique située au Nord, c’est que contrairement à l’autre école située dans cette région, l’école Père-Lacombe, le CSCN n’est pas propriétaire des lieux. Voilà donc un morceau de plus qui s’ajoute au casse-tête lorsqu’il vient de temps de penser à l’expansion.

Parlant de casse-tête, l’école Gabrielle-Roy n’anticipait certainement pas, à la fin des classes en juin dernier, accueillir quelque 85 élèves de plus à la rentrée automnale (un chiffre qui pourrait être revu à la hausse d’ici le 30 septembre), pour porter le nombre d’élèves pour le moment à 430. Cette affluence soudaine fait en sorte que des enseignants doivent composer avec des groupes plus élevés. En 6e, 8e, 9e et 10e année, on retrouve plus de 35 élèves par classe, et il y en a 33 en 7e année. Pour régler cette situation, d’ici la fin septembre, le CSCN travaille avec la direction de l’école pour regarder, si les chiffres se maintiennent, à l’ajout de ressources humaines additionnelles, que ce soit des enseignants ou des aides-élèves, selon les élèves qui en auront besoin. Un exercice que le conseil fait avec toutes ses écoles…

Un autre problème qui pointe l’horizon est la question d’espace. Qui aurait pu penser, lorsque Gabrielle-Roy après de nombreux déménagements a emménagé dans son édifice, celui de l’école Strathearn lors de la rentrée de 2006, que l’école deviendra un jour trop petite? Puisqu’il est certainement hors de question de retirer la garderie francophone ou encore la prématernelle des lieux, deux options peuvent être envisagées.

La première serait l’ajout éventuel de classes modulaires, comme cela est la norme, lorsque les écoles débordent. Puisque le gouvernement ne reconnaitra jamais l’espace occupé par la garderie et la prématernelle dans le calcul de l’espace utilisé par les élèves de l’école, cet ajout se ferait aux frais du conseil scolaire.

La seconde avenue serait de transférer les élèves du secondaire, de la 10e à la 12e année, à l’école Maurice-Lavallée, pour faire à Edmonton, une grande école secondaire 10-12. Déjà que les deux écoles, géographiquement parlant, ne sont pas si éloignées l’une de l’autre. Une telle approche permettrait de libérer des espaces à Gabrielle-Roy et de venir grossir, plutôt que partager, le secondaire francophone à Edmonton.

Une chose est certaine, en ce début d’année scolaire, ce ne sont pas les défis qui manquent… Cependant, un fait ressort : si, pendant de nombreuses années, un des arguments de vente des conseils scolaires à l’éducation francophone était celui de la petite école avec des ratios élèves-enseignant peu élevés, force est d’admettre aujourd’hui que, dans bien des endroits en province, cet argument ne tient plus la route…

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