Le premier ministre Stephen Harper démontre qu’il n’aura plus besoin de passer par quatre chemins pour arriver à ses fins, maintenant qu’il dirige un gouvernement majoritaire. La population canadienne a eu droit à un avant-goût de ce qui l’attend pour les quatre prochaines années récemment.

En effet, le gouvernement conservateur a décidé que l’État cesserait de subventionner les partis politiques, et ce, dans un avenir rapproché. Rien de trop surprenant dans cette nouvelle, car Stephen Harper avait indiqué qu’il avait l’intention d’agir ainsi au cours de la campagne électorale. Ce n’était pas la première fois que les conservateurs avançaient cette possibilité, mais par le passé, alors qu’il était à la tête d’un gouvernement minoritaire, il avait été obligé de faire volte-face dans ce dossier.


Chaque parti devra donc trouver une façon différente de se financer. Rappelons que depuis 2004, les partis reconnus par Élections Canada reçoivent 1,75 $ par vote obtenu au scrutin précédent. L’an dernier, les conservateurs avaient reçu 10,4 millions $ de cette façon, contre 7,25 millions $ pour les libéraux, 5 millions $ pour les néo-démocrates et 2,76 millions $ pour le Bloc québécois.

Si on ne peut pas reprocher au premier ministre d’être de mauvaise foi dans ce dossier, on ne peut pas en dire autant du Sénat. Les nominations de trois candidats conservateurs défaits lors des dernières élections ont de quoi inspirer la réflexion. Il est difficile d’affirmer que les Josée Verner (ancienne ministre des Affaires intergouvernementales qui a été emportée par la vague orange dans la région de Québec), Larry Smith (l’ancien sénateur qui a démissionné pour se présenter à Montréal) et Fabian Manning (ancien sénateur qui a démissionné pour se présenter à Terre-Neuve) ont véritablement leur place à la Chambre haute.

Il ne faut pas oublier que Stephen Harper a toujours été en faveur d’un Sénat élu pour combler tout siège vacant. Ces trois nominations partisanes vont donc à l’encontre de ce qu’il a toujours prêché. Pour calmer le jeu, devant le tollé soulevé par la venue de ces trois sénateurs, le premier ministre a réitéré sa promesse : tous les sénateurs nommés depuis 2008 seront assujettis à un mandat maximal de huit ans.

L’électorat canadien sera en mesure de constater un début de réforme du Sénat dès cet automne. Il s’agit d’idées avancées par le passé, mais qui n’avaient jamais été adoptées. Maintenant que le premier ministre détient une majorité dans les deux chambres, il pourra aller de l’avant avec sa réforme.

Cette controverse entourant les nominations des Verner, Smith et Manning au Sénat a fait ombrage à la composition du nouveau cabinet fédéral. Satisfait du travail accompli par ses ministres avant le déclenchement des élections, Stephen Harper a donc fait en sorte que, parmi les 38 appelés à la table ministérielle, plusieurs conservent leur portefeuille respectif, que ce soit Jim Flaherty (Finances), Peter MacKay (Défense), Gerry Ritz (Agriculture), Rona Ambrose (Travaux publics) Jason Kenney (Citoyenneté et Immigration Canada) ou encore James Moore qui a été reconduit dans ses fonctions de ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles.

Si le retour de Maxime Bernier au sein du cabinet était prévisible, compte tenu du peu de députés conservateurs issus du Québec, la surprise vient certainement du fait que Bev Oda a, quant à elle, conservé son ministère, celui de la Coopération internationale. Est-il bon de rappeler que c’est un peu à cause des gestes de la ministre s’il y a eu des élections il y a trois semaines? Celle-ci avait avoué avoir menti à la Chambre des communes sur une question d’intervention dans le dossier de l’annulation d’une subvention d’un organisme. Qu’à cela ne tienne, Stephen Harper a décidé qu’une faute avouée est à moitié pardonnée et il l’a accueillie à bras ouverts à Rideau Hall, le 18 mai dernier, pour son assermentation.

On ne pourra pas dire qu’il ne se passe pas grand-chose à Ottawa ces jours-ci. Puisque le gouvernement fédéral entend faire adopter son budget avant la fin du mois de juin, est-ce utopique de penser que la Colline parlementaire fera parler d’elle pour les bonnes raisons d’ici l’été?

 

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