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Le Campus Saint-Jean menacé?

Les décisions du recteur par intérim de l’Université de l’Alberta, Martin Ferguson-Pell, qui ont été annoncées le 3 mai sur le blogue de l’établissement continuent de créer des remous dans la communauté.

Une semaine plus tard, de nouvelles informations ont été obtenues, et ce, au compte-goutte (voir article en page 5). Donc, le doyen par intérim au Campus Saint-Jean, Ed Blackburn, confirme qu’il n’y a pas que la Technique en administration des affaires qui est mise sur les tablettes. 

 

En effet, c’est tout le dossier collégial francophone qui est suspendu jusqu’à nouvel ordre, que ce soit l’École de langue ou encore un programme en tourisme qui devait démarrer, après avoir obtenu l’aval de l’Université de l’Alberta – approbation qui n’est jamais venue – en collaboration avec le CÉGEP de Matane. Aussi bien dire que la U of A a décidé de mettre la clé sous la porte avant même le début, justifiant un manque de demandes d’admission.

 

La communauté franco-albertaine a commencé à réagir, bien timidement; il est bon de le préciser. Des pétitions circulent, des lettres sont envoyées pour que le ministre de l’Enseignement supérieur, Thomas Lukaszuk, force l’Université à annuler cette décision. On est encore loin de la mobilisation, orchestrée par Francophonie jeunesse de l’Alberta en 1988, alors que le député Léo Piquette s’était fait interdire de parler en français à l’Assemblée législative.

 

À ce jour, l’ACFA a émis un communiqué dénonçant la situation, tout comme Canadien Parents for French, Alberta Branch. L’organisme anglophone a même obtenu une couverture médiatique dans l’Edmonton Journal

 

C’est donc dire qu’outre l’ACFA qui se devait de réagir, personne, groupe d’individus ou association francophone, n’a encore pris le taureau par les cornes pour dénoncer ouvertement, haut et fort, cet affront de mettre aux poubelles le dossier collégial francophone, qui pourtant, était considéré, il n’y a pas si longtemps, comme un projet de société pour bâtir une francophonie albertaine plus forte.

 

Il serait temps de rectifier le tir, surtout que la dernière rumeur qui circule au sujet du Campus Saint-Jean, et ce, autant à l’interne que dans la communauté, fait état d’une possibilité pour l’Université de l’Alberta de rapatrier ses campus externes, dont Saint-Jean et Augustana à Camrose… Évidemment que dans un contexte de compressions budgétaires, des rumeurs, aussi farfelues peuvent-elles êtres, feront partie de la game. Cependant, n’oublions pas le vieil adage qui rappelle qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

 

Sans le savoir, peut-être que la communauté franco-albertaine joue gros dans le dossier du collégial francophone. Si la mobilisation se limite à la signature d’une pétition ou des pétitions, le message qui est envoyé aux décideurs ne pourrait être plus clair.

 

En revanche, une dénonciation un peu plus étoffée, qui pourrait avoir lieu, par exemple, lors de la rencontre du Academic Planning Committee, prévue le 22 mai prochain, où un budget révisé sera présenté, enverrait un tout autre message… La communauté, avec ses appuis comme Canadien Parents for French – et non l’inverse –, relèvera-t-elle le défi?

- Étienne Alary 

 

 

 
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