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Laver plus blanc que blanc

À Calgary, la régionale de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) traverse une nouvelle tempête. Cela n’est pas nouveau dans le sud de la province. C’est même cyclique pour la région de Calgary de voir l’ACFA traverser une période un peu plus houleuse. C’est même à se demander s’il n’y a pas quelque chose dans l’eau…

La plus récente controverse touche le président sortant de l’organisme régional, Michel Berdnikoff. Au cours de l’été,  l’ACFA régionale de Calgary aurait alloué un contrat à sa conjointe Michelle Jensen d’une valeur de 10 000 $ – le montant n’a jamais été évoqué pendant la réunion, mais diverses sources, dont une lettre reçue au Franco, l’ont confirmé – pour la rédaction d’une demande de subvention, permettant ainsi à l’Association de potentiellement diversifier son financement.


L’erreur qui a été commise par le président aura été d’omettre – de façon involontaire aux dires du principal intéressé – d’aviser les membres de son conseil d’administration. Il aurait pourtant été si facile de convoquer une rencontre des dirigeants de la régionale, de leur présenter la situation et de se retirer des discussions, car inévitablement, dans ce dossier, il y a un conflit d’intérêts.

En omettant d’agir ainsi, il est allé directement à l’encontre des statuts et règlements de l’Association et s’est exposé à la critique dont il a été la cible au cours de la dernière semaine.

L’assemblée annuelle de l’organisme, tenue le 1er octobre dernier, aura permis aux gens présents d’entendre un Michel Berdnikoff repentant face à cet imbroglio. Quelques membres du conseil d’administration étaient prêts à monter aux barricades pour faire de ce dossier un exemple, mais devant cette confession sincère d’un homme déstabilisé, il était inutile de le faire et ils ont préféré jouer de prudence.

Le mot d’ordre était à la collaboration, à la transparence et à la révision urgente des statuts et règlements afin de clarifier ou d’étoffer le dossier du conflit d’intérêts pour que pareille situation ne se reproduise pas.

Évidemment, afin de corriger cette erreur de parcours, M. Berdnikoff aurait pu s’engager devant l’assemblée présente à rembourser la somme allouée, mais rien ne fut… Ce n’est peut-être que partie de remise.

Pour démontrer qu’il y a vraiment quelque chose dans l’eau à Calgary, cette assemblée a été le théâtre d’une autre situation plutôt inusitée. Les élections, pour élire la nouvelle présidente, se sont soldées par une égalité, et ce, non pas à une, mais à deux reprises. Le président d’assemblée a donc dû trancher en procédant par un tirage au sort… C’est à se demander si cela n’était pas une première dans l’histoire de l’ACFA que de tirer le nom de la présidence au sort!

Au-delà de cette circonstance unique, le résultat démontre clairement que la régionale est divisée et qu’un sérieux travail de reconstruction attend le nouveau conseil d’administration pour rebâtir la régionale sur des bases solides qui permettront de réellement rejoindre les 85 000 personnes qui peuvent parler français à Calgary.

Pour ce qui est du déroulement de l’assemblée annuelle, que ce soit à Calgary ou ailleurs dans la francophonie albertaine, il n’est pas rare de voir des gens, comme le dit l’expression s’enfarger dans les fleurs du tapis. C’est un sujet sur lequel nous reviendrons…
- Étienne Alary

 

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