L’automne est un moment fort de la francophonie albertaine, où en l’espace de quelques semaines, des lauréats et récipiendaires de divers prix d’excellence sont reconnus que ce soit à l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), le Conseil de développement économique de l’Alberta, le Campus Saint-Jean, la Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta, la Fédération des parents francophones de l’Alberta, etc.

Il s’agit, en quelque sorte, de la deuxième vague de reconnaissance, la première étant au printemps/début de l’été lors d’assemblées annuelles en région ou d’organismes provinciaux.


Visant à souligner une contribution exceptionnelle ou un travail accompli dans un secteur déterminé, le choix des lauréats à l’échelle provinciale, qu’on le veuille ou non, ne laisse personne indifférent. On peut dès lors féliciter et encenser les lauréats ou remettre en question lesdits choix.

Depuis quelques années, et l’année 2012 ne fait pas exception à la règle, de plus en plus d’employés d’organismes de la francophonie albertaine, ou encore des élus qui œuvrent encore activement dans le secteur d’activités, figurent parmi les lauréats, que ce choix ait été fait par un comité de sélection ou par la tenue d’un vote populaire.

Certes, tout dépend de la nature du prix d’excellence décerné. Tout n’est pas que blanc ou noir, mais on semble élargir dangereusement la zone grise… est-ce faute d’une quantité suffisante de méritants potentiels?

Il ne fait aucun doute qu’une personne qui œuvre depuis de nombreuses années dans son domaine mérite amplement d’être reconnue, mais est-il bon de le faire alors qu’il touche encore un salaire pour effectuer, justement, de l’excellent travail? S’il ne le faisait pas, il ne serait peut-être plus en poste… Un constat similaire pourrait être fait pour un élu : ne serait-il pas plus judicieux d’attendre que cet élu ait décidé de passer à une autre étape bénévole de sa vie pour souligner sa très grande contribution dans un secteur?

Le moment est peut-être venu de repenser, globalement, le concept de la reconnaissance, puisque dans ce dossier, il existe deux écoles de pensées. La première est qu’il y a trop de prix d’excellence et qu’on ne fait que diluer la valeur du prix. La seconde est que chaque occasion de reconnaitre une personne est bonne. Il est essentiel de trouver un équilibre…

Si on prend l’exemple des prix d’excellence de l’ACFA, déjà des ajustements ont été apportés. En effet, ces dernières années, il arrivait que des organismes reçoivent des prix d’excellence, un non-sens puisque les prix Impacts avaient été créés à cette fin. Heureusement, le tir a été corrigé.

Pour pousser la réflexion, un mandat pourrait être confié à l’Ordre des sages de la francophonie albertaine. Créé il y a quelques années pour souligner la contribution d’ainés, on cherche toujours une véritable raison d’être pour cet ordre. Pourquoi ne pas profiter de cette sagesse et laisser les membres de cet ordre analyser ce dossier pour y présenter des solutions et une nouvelle approche permettant de bien définir la reconnaissance de l’excellence?

Cette approche pourrait servir les prix d’excellence de l’ACFA, mais aussi, et dans certains cas particuliers, d’autres organismes de la francophonie albertaine. Ultimement, il serait difficile d’imposer un même modèle à toute la francophonie albertaine, mais on pourrait à tout le moins le suggérer, que ce soit à prendre ou à laisser.

Mais un fait demeure : le statuquo n’est pas souhaitable. Dans ce dossier, il serait facile de vouloir jouer à l’autruche, mais si la question est soulevée, c’est qu’il existe un certain malaise que semble prendre de l’ampleur dans les sphères de la société franco-albertaine!

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