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Prendre leur place

Depuis le 4 septembre dernier, qu’ont en commun Kathy Dunderdale, Eva Aariak, Christy Clark, Alison Redford et Pauline Marois? Elles occupent toutes le poste de première ministre de leur province ou territoire respectif, en l’occurrence Terre-Neuve-et-Labrador, Nunavut, Colombie-Britannique, Alberta et Québec.

À une époque pas si lointaine, il y a à peine 25 ans, voir une femme occuper un poste de premier ministre était quelque chose d’inimaginable; la politique ayant été étiquetée comme un secteur réservé uniquement aux hommes.


D’ailleurs, ce n’est qu’en 1991 que pour la première fois de l’histoire canadienne, une femme a occupé un poste de premier ministre, en l’occurrence Rita Johnson, en Colombie-Britannique. Cette grande première aura cependant été de courte durée, soit sept mois.

Du côté fédéral, la seule femme nommée première ministre du Canada a été Kim Campbell, et ce, en 1993. Si le règne de Rita Johnson a été de courte durée, celui de Mme Campbell aura été encore plus bref. En juin de cette année là, après la démission de Brian Mulroney, elle défait un certain Jean Charest lors du congrès du Parti progressiste-conservateur pour devenir première ministre. Elle perdra les élections fédérales tenues en novembre 1993 aux mains des libéraux de Jean Chrétien.

Par la suite, la traversée du désert aura été longue, quelque 18 ans, pour voir une femme redevenir première ministre au Canada. Mais, depuis le mois d’octobre 2011, l’élection de femmes premières ministres se succède à un rythme effréné. Si bien que l’élection de Pauline Marois fait en sorte qu’aujourd’hui, environ 49 % de la population canadienne est représentée et desservie par une femme.

Au niveau des parlementaires, le nombre de femmes à avoir été élue députée continue de se maintenir entre 25  et 30 %. Au fédéral, il est de 24 % (74 des 305 sièges à la Chambre des communes sont occupés par des femmes). Un taux légèrement plus élevé (26,44 %) est constaté à l’Assemblée législative de l’Alberta (23 des 87 sièges). C’est au Québec (33 %), en Colombie-Britannique (31,76 %) et au Yukon (31,58 %) que l’on retrouve le plus de députées. Tout un contraste avec certaines provinces des Maritimes où elles ne représentent que 12 à 15 % des sièges.

Bien que l’analyse des données démontre une certaine croissance, d’une élection à l’autre, au niveau de la représentation féminine, elles ne sont pas nécessairement le miroir de la population canadienne, puisque les femmes forment 50,4 % de l’ensemble de la population. Donc, c’est beaucoup mieux que c’était, mais il reste encore du travail à faire…

Par ailleurs, au même moment, un sondage mené par la firme Ipsos Reid auprès de 500 femmes révèle que les femmes d’affaires doivent toujours surmonter des obstacles au travail lorsqu’elles visent des rangs supérieurs.

Dans ce sondage, 60 % ont affirmé que le fait de trouver l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle est la plus grande tâche à surmonter, tandis que selon une femme sur deux, il existe toujours des perceptions désuètes liées aux femmes occupant un poste de gestion ou de direction. Aussi, une grande majorité des répondantes occupant un poste de gestion ou de direction continuent de voir une différence dans la façon dont les hommes et les femmes sont rémunérés et récompensés lorsqu’ils atteignent des postes de niveau supérieur.

Tout n’est pas sombre cependant, puisque des changements positifs ont aussi été constatés au cours des dernières années; l’accessibilité des femmes aux chances égales de promotion dans leur entreprise arrivant en tête de liste.

Si les changements du portrait politique canadien démontrent une nouvelle tendance, une évolution lente, mais certaine, vers une égalité, il est à espérer que cette évolution marquera la fin, une fois pour toutes du phénomène du deux poids, deux mesures ailleurs dans la société, comme le soutiennent certaines études!

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