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La fin d’une époque?

Les Albertains de moins de 41 ans se réveilleront-ils avec quelque chose qu’ils n’ont jamais vu et vécu, le 24 avril au matin? En effet, pour la première fois depuis 1971, alors que Peter Lougheed et ses troupes conservatrices avaient mis fin à 36 années au pouvoir du Parti Crédit social de l’Alberta, la province pourrait être gouvernée par une autre formation que le Parti progressiste-conservateur (PPC) à la suite du scrutin qui se tiendra le 23 avril.

En effet, un récent sondage, mené par la firme Return on Insight, pour le compte de CBC/Radio-Canada, confirme que le parti Wildrose s’accroche à son rêve de détrôner les conservateurs avec une bonne avance de sept points sur les troupes d’Alison Redford.


Ainsi, si les élections avaient eu lieu les 13 et 14 avril, le parti de Danielle Smith aurait reçu 43 % des intentions de vote contre 36 % pour le Parti progressiste-conservateur. Pour ce qui est des autres formations politiques, les libéraux de Raj Sherman auraient obtenu 11 % des intentions de vote, les néo-démocrates de Brian Mason 10,8 % et le Parti de l’Alberta de Glenn Taylor 1 %.

En terme de sièges, le parti Wildrose formerait ainsi un gouvernement majoritaire, avec une possibilité de prendre 56 des 87 circonscriptions. Le Parti progressiste-conservateur, qui comptait quelque 66 sièges au moment du déclenchement des élections, n’obtiendrait que 27 sièges. Il y aurait quatre députés néo-démocrates alors que le Parti libéral n’aurait plus de députés à l’Assemblée législative.

Voilà des données qui sont tout un contraste avec un autre sondage, celui-ci mené par la firme Léger Marketing pendant la fin de semaine de Pâques. Ce coup de sonde donnait 36 % des appuis au Wildrose contre 34 % pour les conservateurs. En l’espace d’une semaine, la possibilité de voir un gouvernement minoritaire s’amener à l’Assemblée législative semble écarter aujourd’hui.

Pour revenir au sondage de Return on Insight, il démontre que le parti Wildrose semble en très bonne position à l’extérieur des villes de Calgary et d’Edmonton, alors que 52 % des répondants accordent leur appui aux troupes de Danielle Smith, contre 31 % pour le PPC.

Il faut tout de même noter que 24 % des Albertains se disaient toujours indécis au moment du sondage…

Devant la nette avance du parti Wildrose, et la possibilité d’écrire une nouvelle page de l’histoire albertaine, faut-il s’étonner que les dirigeants du parti aient demandé à leur chef de faire profil bas cette semaine et ainsi d’éviter plusieurs entrevues. Cela permettrait d’éviter de faire face à la musique dans certains  dossiers épineux. Déjà, le 16 avril dernier, Danielle Smith affirmait que les changements climatiques dus à l’activité humaine n’avaient toujours pas de base scientifique avérée!

Après tout, lorsqu’on a la possibilité de réussir quelque chose qu’on n’a seulement vu deux fois lors des 77 dernières années, au cours desquelles il y a eu 20 élections provinciales, doit-on se surprendre du contraire? Confortablement assise dans le siège du conducteur, Danielle Smith ne doit souhaiter que le 23 avril arrive au plus vite et que les intentions des électeurs lors des sondages se traduisent par des votes…
- Étienne Alary

 

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