C’est dans quelques jours seulement, soit le 29 mars prochain, que le budget fédéral 2012, le premier véritable budget d’un gouvernement majoritaire conservateur, sera présenté à Ottawa. On se souviendra que le ministre des Finances, Jim Flaherty, avait déposé un budget en juin dernier, à la suite du scrutin fédéral, mais ce budget reprenait l’ensemble des mesures qui avaient été annoncées le 22 mars 2011; un budget qui avait été défait par les partis de l’opposition et qui a engendré le déclenchement d’élections, avec le résultat que l’on connait aujourd’hui.

À l’aube de la présentation de ce Plan d’action économique de 2012, tout le monde s’amuse à prédire ce que l’on retrouvera dans ce document : certains craignent le pire avec des coupures sans précédent alors que d’autres estiment le contraire.


Au cours des dernières semaines, le grand argentier a tenté de se montrer rassurant. À maintes reprises, il a soutenu que le prochain budget ne contiendrait pas de coupes draconiennes qui pourraient mettre en péril la reprise économique. Il seraitdonc très surprenant de voir le ministre présenter un autre visage le 29 mars.

Oui, le ministre a répété au cours des derniers mois que son gouvernement maintenait le cap et entendait éliminer le déficit, qui s’élèvera à environ 30 milliards $ pour l’exercice financier actuellement en cours, d’ici le 31 mars 2016. Mais, compte tenu du fait que la croissance économique est inférieure aux prévisions, il ne serait pas surprenant de voir le gouvernement affirmer que l’échéancier pour retrouver l’équilibre budgétaire sera repoussé, permettant du même coup un étalement des coupes budgétaires. Le fait que l’économie canadienne soit dans une meilleure position que de nombreux autres pays, on peutpenser à la Grèce, au Portugal, à l’Irlande et même nos voisins du Sud, les États-Unis, jouent en faveur du gouvernement.

Car il ne faut pas se leurrer, des compressions budgétaires, il y a en aura. On peut penser aux dépenses de fonctionnement de l’État, dont le budget s’élève à 80 milliards $, où le gouvernement vise à dégager quelque 8 milliards $ en économie d’ici trois ans, soit une coupe de 10 %. Cela signifie que tous les programmes seront scrutés à la loupe…

Il est utopique de penser que les communautés francophones en situation minoritaire ne seront pas touchées par cet exercice. Ce n’est pas tant le prochain budget qui pourrait inquiéter, mais surtout le prochain, celui de mars 2013. C’est à ce moment que la Feuille de route pour la dualité linguistique, assortie d’une enveloppe budgétaire de 1,1 milliard $, arrivera à échéance.

Son renouvèlement est loin d’être assurée et rien n’indique que la prochaine enveloppe, si enveloppe il y a, sera de la même ampleur. La décision du ministère du Patrimoine canadien, ces dernières semaines, de ne pas mener des consultations formelles sur l’avenir de cette feuille est-elle un message en ce sens? Comme le dit le vieil adage : il n’y a pas de fumée sans feu.
- Étienne Alary

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Plus dans cette catégorie :

Aller au haut