La vie n’est pas un long fleuve tranquille dans la communauté francophone. Ces dernières semaines ont été rythmées par une série de remous. Certains ont même pris des allures d’avis de tempête. Entre les tentatives de harcèlement envers la présidence de l’ACFA, le départ inopiné de sa direction générale, les démissions successives de certains membres du CA, des commentaires à l’emporte-pièce sur les médias sociaux, la publication d’une lettre ouverte, et enfin l’audit du Franco, la francophonie albertaine est une véritable saga. Or, si les esprits s’émoussent, une question centrale demeure : de quel type de leadership la communauté a-t-elle vraiment besoin dans l’avancement de ses dossiers ?

édito

Porte qui claque et bruit de vaisselle, ou bien deux visions bien distinctes qui s'opposent dans la communauté : deux clans, deux types de partisans.

D’un côté, le conservatisme figé et affiché des uns, où le politiquement correct et les alliances sont de mise. De l’autre, une vision plus inclusive, au franc parler appuyé, le tout étayé par un souci d’expertise.

Dans le dictionnaire, la définition de « politiquement correct » désigne  la manière de parler pour ne déplaire à personne. Il ne faut donc pas avoir un mot plus haut que l’autre. Une critique qui avait été récemment adressée à l’actuel président M. Marc Arnal concernant son style de gestion. Si « hausser le ton » peut être mal vu, la langue de bois pratiquée par certains demeure aussi le fardeau de la politique et de ses représentants.

Comment faire avancer les dossiers ? Comment faire passer des messages, quand on se heurte parfois à l’incompréhension, au déni, à la mauvaise foi… et, oui, l’obstruction. Les dossiers de la francophonie ne peuvent attendre. Au-delà des divergences de point de vue et des préférences personnelles, ce qui compte aujourd’hui, c’est la capacité à diriger un navire : celui de la francophonie en Alberta.

Il y a du pain sur la planche et les dossiers prioritaires sont nombreux : le continuum de l’éducation, les dossiers de la petite enfance, du postsecondaire, les besoins en santé, le travail des régionales, le développement du curriculum incluant le développement des perspectives francophones et autochtones, les femmes, les aînés… La liste est longue et loin d’être terminée.

Les problèmes de politique interne ont-ils vraiment leur place à la lumière de tels enjeux ? Tous ces dossiers nécessitent un leadership clair, et capable de cerner les enjeux dans leur complexité. Ils demandent aussi une vision, véritable figure de proue d’un navire nommé Francophonie, qui cherche à se frayer un chemin sur les eaux parfois incertaines des langues officielles.

À quoi reconnaît-on alors un capitaine de navire, un meneur d’hommes et de femmes ? C’est certainement par sa capacité à voir par-delà l’horizon, à rassembler et à se tenir droit même au plus fort de la tempête. Car savoir tenir la barre ne consiste pas seulement en un travail de représentation, voire de figuration. Cela consiste à avoir des prises de positions, à faire passer des messages et, oui, à avoir parfois un mot plus haut que l’autre.

Certes, la diplomatie est aussi de mise. Si pour des raisons diplomatiques on ne souhaite pas « hausser le ton », la voix d’un chef est cependant faite pour se faire entendre et résonner jusqu’à Ottawa, afin de défendre au mieux l’avenir des francophones et francophiles de l’Alberta.

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