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Immigration francophone: Le temps presse

Les années passent et se ressemblent en matière d’immigration francophone. La cible nationale hors Québec de 4,4% n’est toujours pas atteinte. Quelle en est la raison? Trop peu de personnes rentrent dans les cases du système Entrée Express.

Le temps presse

« Investir dans notre avenir », tout un programme. Encore faudrait-il construire l’avenir en étant au contact de la réalité. Tous attendent le plan d’action pour les Langues officielles 2018-2023, annoncé en date du 28 mars, par la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly.

Si les rencontres et les conversations avec les représentants et les dirigeants tiennent une certaine importance, 17 ans après les consultations pancanadiennes des années 2000-2001, nous en sommes rendus à une énième journée... à converser. Cette forme d’inaction n’existe pas sans raison. Comment des représentants du gouvernement ou bien des organismes peuvent-ils agir, sans connaître la réalité des nouveaux arrivants ?

Connaître et comprendre l’aspect qualitatif de la réalité est de l’ordre de l’évidence si on cherche à développer quantitativement le nombre de francophones hors Québec. Si les provinces du Manitoba, du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario se sont dotées d’une cible provinciale, l’Alberta et les autres provinces et territoires du pays en sont pour leurs frais. Sans paramètre, comment naviguer ?

Le temps de la réflexion est révolu

Alphonse Ahola, président du Réseau en immigration francophone de l’Alberta (RIFA), abonde dans ce sens: « Je pense que c’est un problème structurel, les personnes qui sont responsables ne sont pas immigrantes elles-mêmes ». Si le Canada a besoin de toutes les mains d’œuvre, le système ne facilite pour le moment que les travailleurs très qualifiés. L’immigration francophone en 2018 est devenue un véritable parcours du combattant, mais aussi une affaire lucrative. Comment faire pour rester vivre au Canada ?

Lenteur et dysfonctionnements  

Souvent, le passage d’un permis temporaire à un autre ne permet pas d’obtenir les points suffisants pour prétendre à la résidence permanente. Il faut souvent s’y atteler au moins un an à l’avance. Le traitement des candidatures se fait au petit bonheur la chance, car il dépend en partie du bon vouloir de l’agent responsable du traitement dudit dossier, à défaut de suivre des procédures strictes et avérées.  

Si Entrée Express ne sonde pas les besoins des entreprises, ni ceux des employeurs en amont, aucun échéancier pour atteindre la cible nationale des 4,4% n’a été également instauré. Autre dysfonctionnement, les différents tarifs entre les tests de français (500 à 600 $ l’examen) et d’anglais (300 $) devraient connaître bientôt une uniformisation. Pour l’heure, le constat montre qu’aucun mécanisme adéquat n’a été mis en place au fil du temps. Le 28 mars, le plan d’action sera annoncé. Attendons de voir si cela marquera un engagement concret en matière d’immigration francophone, et mettra fin à une forme d’oisiveté qui n’a que trop duré.

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