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Le fric, c'est chic !

Cette semaine je vous propose une petite réflexion construite à partir d’une anecdote qui m’est arrivée. Chacun est libre d’y porter un avis ou un jugement différent.

Christian Bale joue le role de Patrick Bateman dans le film American Psycho

L’autre jour, alors que je flânais sur LinkedIn comme tant de professionnels, je suis tombée sur un commentaire qui m’a fait réfléchir sur le rapport différent que nous entretenons les uns les autres face à l’argent.  Le commentaire stipulait : « J’adore travailler, j’adore l’argent, mon but dans la vie c’est de devenir millionnaire ! ».  Comme le dit la chanson : le fric c’est chic (même si dans la version originale du groupe disco Chic, ça s’écrivait freak).

Étant moi-même une adepte de la valeur travail, le registre ici employé sonne quelque peu différemment.

Culte absolu de l’argent et attitude hyper décomplexée envers le billet vert, je n’ai pu m’empêcher d’y voir ce que j’appellerais le syndrome Trump. La différence entre Donald Trump et un individu lambda qui idolâtre, admire et imite le style arrogant, ‘requin’ de l’actuel président des États-Unis, c’est que ce dernier vient d’une famille riche. Il est donc plus aisé, pardonnez-moi le jeu de mots, d’être présomptueux de la sorte, contrairement à un anonyme en recherche d’ascension sociale. Au final, n’est pas Trump qui veut!

Si pour certains l’argent est synonyme d’autonomie, pour d’autres il permet de sortir de sa condition sociale. Après, tout réside dans la manière de faire les choses.

Le « fric » c’est donc chic, car il peut acheter beaucoup de choses, à savoir : la sécurité, le confort, le prestige, le luxe, le pouvoir, les relations, certains iront même jusqu’à dire le respect.

Selon les travaux de Maslow, psychosociologue américain,  les motivations d’une personne sont basées et classées selon cinq besoins fondamentaux : besoins physiologiques, les sentiment de sécurité, d’appartenance, d’estime ou de reconnaissance, et d’accomplissement personnel.

S’il y a bien une chose que l’argent ne puisse pas acheter, il semblerait que ce soit justement… l’estime de soi. Autrement, la confusion de genre entre avoir et être nous guette. Car des richesses, il en existe de toutes sortes. La beauté intérieure, l’aptitude à aimer, ressentir, se mettre à la place de, l’appréciation des choses simples, font aussi partie de la richesse de la vie.  

Plusieurs études ont montré que la richesse matérielle, et non émotionnelle ou intellectuelle, peut entrer en conflit avec l’empathie et la compassion. Le dicton qui dit que “l’argent ne fait pas le bonheur” influence certainement notre comportement, mais ce n’est pas la seule raison d’être.

Quand la place de l’argent devient démesurée, ne prenons-nous pas le risque de devenir des êtres proches du personnage principal du film d’American Psycho : le névrosé sociopathe Patrick Bateman, flamboyant golden boy de Wall Street ? La nature profonde de l’être humain ne consiste-t-elle pas à établir des liens sincères avec ses pairs? Sans émotions, avec l’argent placé sur un piédestal, quelle valeur tient la vie? Résolument, on peut être pauvre de sa richesse.

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