Lundi 20 novembre 2017, Robert Mugabe, président du Zimbabwe est forcé de démissionner. Le même homme qui était alors porté en héros en 1980 pour avoir mené son pays vers l’indépendance face à la Grande-Bretagne, est aujourd’hui déchu. Entre grandeur et décadence le règne de Robert Mugabe est bel et bien fini. En attendant, il aura incarné l’exemple parfait de ce que le pouvoir peut faire sur un seul homme, à savoir le meilleur comme le pire une fois propulsé aux plus hautes sphères d’une société.

Tout avait bien commencé, « mais le pouvoir use et l’a amené à certaines dérives comme l’inflation et le crédit », explique le directeur général du Centre d’accueil Georges Bahaya.

L’ancien héros du Zimbabwe s’est perdu en chemin. Par le passé, la force de Mugabe résidait, dit-on, dans sa capacité à rassembler les siens.

 

robert mugabe 12th au summit

Aujourd’hui la division est souveraine puisqu'il doit son éviction à celui qui était l’un de ses plus fidèles alliés, Emmerson Mnangagwa, ancien vice-président. Lasse de ses frasques, et de son entêtement à ne pas céder sa place, ses anciens appuis n’ont pas attendu que le dictateur passe l’arme à gauche. Malgré l’âge il s’est accroché, et ses alliés d’hier comme sa voisine l’Afrique du Sud qui l’a soutenu dans les moments forts, telle que l’indépendance de son pays, l’a abandonné.  

Après des années de corruption et de despotisme sous le règne Mugabe, le pays connaît actuellement une décrépitude économique sans précédent. Le dollar zimbabwéen atteint aujourd’hui un taux d’inflation record, soit 150%.  La monnaie du pays ne veut plus rien dire. « Pour un Africain qui croit en la démocratie son départ est non seulement un soulagement, mais c’est aussi une lueur d’espoir », explique le directeur du Centre d’accueil. Ce départ marquera peut-être le début d’une relance économique.  La communauté internationale scrute l’évolution de la situation. Mais cela prendra du temps avant que le système de corruption mis en place durant toutes ces années, soit bel et bien neutralisé. Des moments de transition il y en aura. On ne peut qu’espérer que le pays recouvre une santé économique et que les bénéfices reviennent aux Zimbabwéens. L’Afrique aux Africains, ça serait bien.

Le jeune héros qui a su libérer son pays pris sous le joug du colonialisme britannique, est devenu 37 ans plus tard un vieux dictateur âgé de 93 ans, fatigué, miné et abandonné de tous. Le pouvoir est un miroir aux alouettes qui donne un sentiment de toute puissance, quitte à trahir un jour les siens et ses propres convictions. On finit par oublier qui l’on est, et ceux et celles pour qui on se battait vraiment. Le pouvoir donne ainsi l’illusion d’être préservé de tout et de tous, enfin presque, jusqu’au jour la mort s’en vient !

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