À l’approche de l’assemblée générale annuelle de l’ACFA provinciale qui se tiendra le 14 octobre, au Centre de conférence Shaw d’Edmonton, le bilan financier du Franco consolidé avec celui de l’organisme sera brièvement évoqué. Lors du débat télévisé, certains candidats ont parlé de la mauvaise santé financière du journal. L’année dernière, le journal accusait un déficit d’environ 51 000$, sans analyse de ces chiffres, lors de la dernière AGA. Cette année, Le Franco a su redresser la barre en atteignant un bilan positif. Quels sont les moyens mis en place pour arriver à ce bon résultat ?  Voici un récapitulatif.

 

 

Pour avancer, il faut innover ! Conscient de cette réalité, Le Franco, qui représente la population francophone en situation minoritaire depuis 1928, est aussi une entreprise, ainsi que la propriété d’un organisme à but non lucratif depuis les années 70 : l’ACFA provinciale. Assurer la viabilité d’une entreprise requiert principalement deux points importants.  

 

Le premier, une compréhension claire de son mandat et des valeurs qui en découlent. Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons et pour qui le faisons-nous ?

 


lKML2KpRLe second relève de la vision. Une vision orientée sur le long terme qui nécessite au préalable une compréhension de l’industrie des médias. Si en 2017, l’heure du numérique a bel et bien sonné, force est de constater que la version papier reste pertinente et nécessaire, notamment dans certaines régions rurales, soit pour des raisons de topographie, soit de lien social. Chaque génération a certes sa préférence pour tel support plutôt qu’un autre. Cependant, la différence n’est pas aussi marquée qu’elle n’y paraît. De nombreux journaux, comme par exemple le quotidien Le Droit en Ontario, investissent dans une plateforme numérique, mais conserve toujours leur version papier. Contrairement à ce qui a été évoqué lors des interventions sur le plateau de Radio-Canada, Le Franco n’a pas été déficitaire ces dernières années parce qu’il n’a pas épousé à 360 degrés le virage du numérique. Ce serait un raccourci simpliste que de s’avancer sur un tel sujet. Il n’existe pas de lien de cause à effet.

 

Mais avant de rentrer dans la grande discussion du numérique et de la version papier, ne faudrait-il pas commencer par le commencement, à savoir aborder la gestion d’entreprise ?

 

Des changements nécessaires :

Lors de mon entrée en poste en avril 2015, Le Franco était en perte de vitesse. Les publicités fédérales ne représentaient plus une source aussi élevée de revenus que par le passé et certaines problématiques d’ordre organisationnel avaient besoin d’être repensées.

Sur une initiative de l’ACFA, un consultant est alors embauché et rémunéré sur les fonds du journal. En août 2015, le rapport est rendu et procède à un état des lieux. Plusieurs recommandations seront faites, notamment celles de créer un poste de vendeur au sein du journal. Repenser la structure logistique du Franco devient une évidence, avec le besoin impératif de respecter certaines procédures, notamment faire la facturation chaque semaine et non pas à chaque mois. Un détail important, qui permettra par la suite un suivi clair et régulier de la comptabilité du journal. Le pôle administratif fera l’objet d’une restructuration à temps partiel, permettant ainsi la création d’un poste à plein temps en vente et développement des affaires. Une première dans l’histoire du Franco qui permettra de moderniser le journal.

 

La création d’un kit média et la restriction budgétaire auprès des pigistes auront aussi contribué à la remontée financière du journal. La collaboration avec certains d’entre eux permettra d’ailleurs de donner une dynamique différente et un souffle financier. En effet, beaucoup de journalistes sont embauchés de nos jours à la pige.

La récupération de l’annuaire francophone aura aussi permis d’avoir un revenu supplémentaire.  Enfin, le changement d’imprimeur en passant de StarPress à CentralWeb (l’imprimeur du journal Métro), aura permis d’améliorer les délais de livraison au même tarif que son prédécesseur. Un service de meilleure qualité qui aura donné l’idée de proposer ses services à d’autres journaux membres de l’APF et voisins de l’Alberta : l’Aurore Boréale au Yukon et L’Eau Vive en Saskatchewan. Depuis, Le Franco, comme ses deux voisins, bénéficie d’un rabais de 4% à chaque facture hebdomadaire sur l’impression et la livraison.

Enfin, la fusion du mensuel de Calgary avec l’hebdomadaire aura généré des économies d’envergure. Elle aura permis aussi de créer des catégories plus représentatives tant pour les lecteurs que pour les annonceurs, à savoir : Edmonton, Calgary, Régions, et Francophonie.

La refonte de la charte graphique aura grandement amélioré la qualité du journal. Je rappelle que Le Franco a remporté cette année le prix d’excellence pour la meilleure couverture, et a été sélectionné dans quatre autres catégories, dont celle de meilleur journal de l’année au Gala d’excellence de l’APF.

Enfin, comme les petits ruisseaux forment les grandes rivières, le journal le Franco est cette année en positif, passant de moins 51 000$ à plus 56 000$ à la fin de l’année financière. Si quelques ajustements doivent être faits, Le Franco aura réalisé avec certitude et après ajustement une augmentation en moyenne d’environ 80 000$.

 

Ce résultat est le résultat d’un travail d’équipe passé, présent et futur. Ceux-là mêmes qui travaillent dans les locaux du Franco.  Si vous aviez de plus amples questions, il nous ferait plaisir à mon équipe et moi d’y répondre.

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