Le 150e est sur toutes les lèvres. Pour certains, cet anniversaire commémore la pierre angulaire du Canada, à savoir la naissance de la Constitution. Être Canadien est une fierté nationale. Cependant, pour d’autres, l’histoire du Canada n’a pas débuté il y a 150 ans. Du point de vue des Premières Nations, l’histoire est ancestrale et commence il y a 10 000 ans. Quant aux Québécois, certains ne se rallient tout simplement pas à la bannière du fédéralisme. Le 150e anniversaire donne matière à réfléchir sur l’histoire que l’on transmet aux nouvelles générations.

À l’occasion du 150e anniversaire du Canada, on pourrait espérer voir le pays célébrer à l’unisson la date du 1er juillet 1867, date à laquelle la Confédération canadienne a été fondée. « Lorsqu'on revient sur notre histoire, on constate que notre passé est loin d'être parfait. Si beaucoup d'entre nous célèbrent le 150e du Canada, ce n'est pas le cas de tout le monde », a lancé le premier ministre, Justin Trudeau ce 1er juillet 2017, à Ottawa.

 

Les deux côtés de la médaille

 

Oui, 150 ans c’est important. L’étape de la Confédération a façonné le Canada tel que nous le connaissons aujourd’hui. Cependant, on peut aussi voir que chacun s’approprie l’histoire à sa façon, se forme sa propre opinion, possède une unique expérience du fédéralisme. D’un côté, il y a les fêtes, les spectacles, les événements, la gratuité des parcs nationaux et des piscines publiques. Ce ne sont pas les attractions qui manquent pour célébrer la date anniversaire. Une bonne partie de la population canadienne est somme toute enthousiaste et s’identifie au drapeau canadien.

 

D’un autre côté, on ne peut pas ignorer les manifestations qui se sont déroulées le 28 juin devant le parlement d’Ottawa. Sur un drapeau canadien, on pouvait y lire : « le 150e célèbre le génocide ». Pour certains, l’anniversaire de la Confédération marque du même coup les mauvais traitements infligés aux peuples autochtones. On dit bien souvent que l’histoire est contée du point de vue des vainqueurs, et non de celui des vaincus.

 

Le poids de l’histoire

Le socle d’une culture est souvent construit à grands coups de conquêtes et d’invasions. Si l’invasion se veut souvent territoriale, elle peut aussi être culturelle et linguistique, allant jusqu’à remettre en question le fondement identitaire d’une personne ou du groupe auquel elle appartient.

 

Certains Québécois ne se retrouvent pas non plus dans la vaste manifestation culturelle qu’est le 150e. La renonciation de leur conscience historique est là où le bât blesse. La fédération canadienne incarne ainsi à leurs yeux un moment de leur histoire, mais ce n’est pas forcément l’histoire du Canada avec un grand H.

 

Entre blessures du passé et renonciation, il semble évident que cette journée considérée par d’autres comme un moment de fête n’incarne pas le symbole escompté. Renoncer à sa propre conscience historique et culturelle, c’est renoncer à une part de soi-même. Justin Trudeau a parlé de réconciliation. On ne peut changer ce qui s’est passé, mais on peut agir dans le présent pour construire le futur des nouvelles générations.

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