L’annonce historique du mercredi 14 juin 2017, d’une politique de services en français fait toute la différence dans le cœur des Franco-Albertains. Quels sont les besoins de la communauté ? Quels services seront mis en place ? Après l’euphorie, place à l’action afin de répondre à la demande. Qui sait, cette politique pourrait marquer un jour l’avènement d’une loi de services en français dans la province.

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Quand on aborde le sujet des services en français, ce ne sont pas les besoins qui manquent en Alberta ! La population des francophones de la province ne cesse d’augmenter, et cela depuis plusieurs années. Statistique Canada indique une hausse de plus de 18% de la population des francophones de l’Alberta, lors du recensement de 2006-2011.  

Aujourd’hui, le gouvernement albertain a entendu l’appel. Le ministre de la Culture et du Tourisme Ricardo Miranda lui-même a été le messager de cette bonne nouvelle.  

« Le gouvernement de l’Alberta s’engage à améliorer l’élaboration et la prestation des services pratiques et significatifs en français pour les Albertains ». C’est en ces termes dans le livret traduit dans les deux langues officielles, Politique en matière de francophonie-French Policy que le gouvernement s’est ainsi engagé auprès des francophones.

Un excellent début, qui va devoir dans les prochains mois passer de la théorie à la pratique. Si des consultations ont déjà eu lieu dans le courant de l’année 2016, les défis rencontrés par les francophones pour être servis dans leur langue maternelle touchent de nombreux secteurs d’activité. La menace de l’assimilation n’est jamais très loin, à commencer par les garderies francophones. Ces dernières représentent un enjeu majeur chez les tout-petits, vulnérables aux premières années de leur socialisation. Le risque d’assimilation est d’autant plus marqué que le nombre de garderies en français ne répond pas à la forte demande des familles francophones. Ainsi sont-elles souvent obligées d’inscrire leurs enfants dans une garderie anglophone.

Les soins de santé en français demeurent aussi un défi de taille, notamment pour desservir la population des aînés. Alberta Health Services jouera-t-il un rôle privilégié afin d’apporter un service en français auprès des francophones ? L’aide à l’emploi, mais aussi l’enseignement, demeurent des dossiers cruciaux, arrivant en tête de liste des priorités.

Si l’heure est à la modernisation concernant l’évolution des droits des Franco-Albertains, établir l’ordre de priorités des besoins, non pas par secteur d’activité, mais cette fois-ci par région, introduirait une approche différente pour cerner les besoins des francophones.

Le Secrétariat francophone a prévu de son côté de coordonner avec d’autres ministères un rapport annuel sur les initiatives engagées par le gouvernement, afin d’améliorer les services en français. La communauté a plus que jamais son rôle à jouer dans l’élaboration de cette politique. On dit souvent que d’un besoin découle une nécessité, et cette nécessité porte le nom de politique de services en français. Or, cette politique prendra toute sa mesure une fois informé des défis et des préoccupations de la communauté.

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