C’est officiel ! Mme Madeleine Meilleur a été confirmée le 15 mai afin de remplir les fonctions de Commissaire aux langues officielles du Canada. Une nouvelle qui ne fait pas l’unanimité en matière de Francophonie canadienne.

Comme le dit le proverbe, il n’y a pas de fumée sans feux ! Après quelques jours de flottement, le gouvernement a bel et bien confirmé les rumeurs pressentant la nomination de Mme Meilleur au poste de Commissaire aux langues officielles. Après le dévoilement d’un budget peu enclin à favoriser les communautés francophones hors Québec, doit-on voir dans cette nomination une bonne ou une mauvaise nouvelle ? On ne serait encore le dire. Cependant, les avis sont déjà partagés. Comment une Commissaire aux langues officielles peut-être si rattachée au parti au pouvoir? C’est ce questionnement que se pose Rémy Léger, professeur assistant au département de Sciences politiques de l’Université de Simon Fraser et ancien étudiant du Campus Saint-Jean. M. léger ne voit pas d’un bon œil cette nomination. « C’est une nomination politique, partisane, je trouve que Mme Meilleur est trop associée au parti libéral de l’Ontario et à celui du Canada », a-t-il proclamé.  C’est justement là où le bât blesse puisque la nature de ce poste exige une neutralité et à fortiori une impartialité. Selon M. Léger, « son travail est de développer la loi sur les langues officielles et de développer un argumentaire sur le financement des organismes, sur la Francophonie canadienne fondée sur la loi des langues officielles. Son rôle ne consiste pas en un rôle politique, mais apolitique », argumente-t-il.

 

À l’instar de M. Léger, Mme Valérie Lapointe-Gagnon, professeure adjointe en histoire et droits linguistiques au Campus Saint-Jean confirment que cette nomination ne permet pas de sortir du triangle Ottawa, Toronto, Montréal. Cependant, la spécialiste en histoire et droits linguistiques reconnaît que Mme Meilleur a le profil et des atouts pour le poste. « On ne peut pas questionner sa feuille de route, elle a contribué à la formation du commissaire aux services en français de l’Ontario, elle a de l’expérience dans ce genre de domaine avec une carrière plus lignée en politique que d’autres », a-t-elle reconnu.

 

Pour elle, sortir de la vision dite du centre aurait permis aussi de donner la possibilité aux Maritimes de faire valoir une vision plus élargie de la francophonie.

 

Enfin, si durant les prochaines élections le gouvernement libéral était amené à passer la main, Mme Meilleur serait dans l’obligation de composer avec des partis politiques aux convictions différentes des siennes. Si cette nomination marque pour certains, un manque d’indépendance intellectuelle prononcé, ce sera à Madeleine Meilleur de marquer son empreinte au travers d’une approche neutre, afin de sortir des stigmates de la partisanerie et des relations de proximité. Cet exercice de style déterminera sans conteste la carrière politique de la nouvelle Commissaire aux langues officielles.

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