« On ne naît pas femme, on le devient ». Cette phrase de Simone de Beauvoir (1908-1986) porte une résonance toute particulière à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars dernier. Dernièrement, la Coalition des femmes de l’Alberta a lancé le site MentorAction. Une initiative qui cherche à appuyer le leadership politique des femmes francophones en Alberta. Si on ne naît pas femme, mais qu’on le devient, on ne naît pas non plus politicienne pour autant.

Simone

La politique n’est pas une science innée, mais s'acquiert avec le temps. C’est par le biais de la transmission et de l’apprentissage que l’on se forge en politique. Apprendre à prendre sa place relève du mentorat, voire de l’initiation.

Combien de premiers ministres ou de présidents ont eu, et ont encore, des “dauphins” pour leur succéder ? Une terminologie à connotation monarchique qui en dit long sur la manière de faire de la politique. Encore aujourd’hui, la politique continue d’être un milieu à dominante masculine. Les “règles” qui consistent à toujours voir des hommes aux plus hautes fonctions entraînent des réactions de rejet, voire de violence verbale, et parfois même des menaces quand la configuration habituelle change.

Être une femme dans un monde patriarcal est un défi, être une femme politique dans un sérail presque exclusivement réservé aux hommes est un véritable chemin de croix. Et lorsqu’elles réussissent, le bât blesse vraiment pour certains élus ! En témoigne l’intervention de Sandra Jansen, députée de Calgary, qui, dans un poignant plaidoyer, a voulu dénoncer les remarques, les attitudes et les commentaires haineux et misogynes qu'elle a subis en novembre dernier pour avoir rejoint le NPD. Donna Kennedy-Glans, elle, quittera la course au leadership du parti conservateur après avoir été harcelée et intimidée par des bénévoles lors d'une réunion de campagne d’un autre candidat à Red Deer. Jusqu'où ira-t-on ? La première ministre de l’Alberta, Rachelle Notley, n’a pas fait non plus exception à la “règle” puisque sa sécurité a été renforcée suite à des menaces proférées à son attention.

Cette chère Simone de Beauvoir se retournerait probablement dans sa tombe au vu de la situation des femmes en 2017. Son livre Le deuxième sexe est une oeuvre culte de la philosophie contemporaine sur le féminisme. Plus qu’un livre, Mme de Beauvoir avait signé à l’époque un manifeste politique, une lutte pour la libération des femmes. À la lumière de ce genre d'événements, son combat reste encore terriblement d’actualité.

Le féminisme n’est pas un phénomène de société complètement ringard, encouragé par une poignée d’hystériques habillées aux couleurs des années 70. Le féminisme n’est pas un cliché. Il est un moyen pour revendiquer un droit, celui d’être respecté en tant qu’être humain et en tant que femme, notamment dans la sphère politique. Le vrai combat aujourd’hui consiste à réfléchir et à remettre en question cette dialectique de l’inné et de l’acquis. Les acquis du passé, ces règles établies par et pour les hommes, ces privilèges d’un autre âge sont désuets. Il est temps de redéfinir les rapports !

 

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