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Justin Trudeau : l’opération séduction continue

Après les États-Unis, direction l’Europe ! De Strasbourg à Berlin, c’est un emploi du temps chargé qui a amené le premier ministre à poser ses valises sur le vieux continent. Jeudi 16 février, il s’est adressé au parlement européen pour saluer la récente approbation de l’accord de libre-échange CETA entre l’UE et le Canada. C’est la première fois qu’un premier ministre canadien s’exprime face à l’hémicycle européen.

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 Ces temps-ci, le CETA fait couler beaucoup d’encre. Mais de quoi s’agit-il ? Cet accord entre le Canada et l’Union européenne permettra essentiellement de supprimer 99% des droits de douane  entre les deux partenaires. Une entente qui à première vue semble juteuse, mais qui ne fait pas l’unanimité.  Ce ne sont pas les critiques qui manquent dans le camp de ses détracteurs. L’accord est  tour à tour jugé antidémocratique, trop favorable aux multinationales, ou bien encore dangereux pour l’environnement et l'agriculture.

Cette forte opposition était palpable tant au parlement européen, où certains eurodéputés ont agité leurs pancartes #stopCETA, que dans les rues de Strasbourg, où des manifestants ont fait entendre leur désaccord et leur inquiétude. Justin Trudeau est venu en visite en connaissance de cause, sachant que le protectionnisme et le retour aux frontières ont le vent en poupe. Le premier ministre aborde donc une action à contre-courant.

Pour lui, cet accord permettra de créer des opportunités afin de favoriser et valoriser le quotidien des classes moyennes d’un bout à l’autre de l’Atlantique. C’est dans cette perspective diamétralement opposée au contexte politique du moment, que le premier ministre s’inscrit tout en réaffirmant ses valeurs d’ouverture et de progressisme.  

L’accord CETA vient d’être approuvé dans le contexte incroyablement épineux et tendu de l’après Brexit, de l’élection de Donald Trump promulguant un protectionnisme draconien, et de la montée de discours appelant à la fermeture des frontières et aux replis identitaires. «Si nous réussissons, le CETA peut devenir le modèle de tous les futurs accords commerciaux ambitieux. Sinon, il pourrait bien s'agir du dernier», a mis en garde Justin Trudeau.

On peut dire que le CETA est un test qui soit solidifiera les relations au sein de l’Union européenne, soit creusera encore plus les différences !

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