Logo OIF.svgIl n’est jamais trop tard pour bien faire ! L’entrée de la province de l’Ontario est perçue par certains comme « un moment historique », telle que l’a déclaré récemment la ministre des Affaires francophones en Ontario, Marie-France Lalonde. Si cette nouvelle est saluée par un grand nombre, une interrogation demeure. Doit-on percevoir l’entrée de l’Ontario comme une avancée ou plutôt comme un retard qui viendrait finalement d’être comblé ? Là est la question.

« Les francophones du Canada sont une des composantes essentielles de la société canadienne pluraliste et ouverte », a applaudi le premier ministre Justin Trudeau. C’est à l’occasion du Sommet de Madagascar que la province de l’Ontario est entrée dans l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Une journée à marquer sans conteste d’une pierre blanche dans l’histoire des francophones. C’est en tant que membre observateur, au même titre que la Corée du Sud, l’Argentine, et la Nouvelle-Calédonie que l’Ontario sera intégrée. La province compte actuellement plus de 600 000 francophones, pour 13.6 millions d’habitants. Elle est donc la deuxième plus grande province francophone derrière le Québec, ayant également contribué à la fondation du Canada depuis des générations.

Était-il donc temps de lui accorder une place légitime au Panthéon de la Francophonie, en reconnaissant d’une part sa dimension francophone et d’autre part la communauté franco-ontarienne qui l’incarne ?

L’Ontario se chargera de la promotion de la Francophonie en générale, mais aussi et plus précisément sur un angle qui la concerne de près : l’identité franco-ontarienne. Certains voient déjà dans cette nomination une vraie opportunité. « Il faut que l’obtention de ce siège s’accompagne d’une véritable volonté politique du fédéral et de la province pour favoriser l’immigration francophone en Ontario », a déclaré Lise Marie Baudry, directrice du Centre francophone de Toronto.

Mais attention au miroir aux alouettes ! D’autres y voient aussi une forme d’illusion. Pour certains, l’entrée de l’Ontario au sein de l’OIF ne serait que l’arbre qui cache la forêt. Une sorte de diversion face au problème de l’assimilation des Franco-Ontariens. Pour certains, la défense de la communauté franco-ontarienne doit se faire autrement : notamment par l’ouverture de services en français (universités, hôpitaux, écoles, garderies).

L’Ontario un modèle à suivre pour l’Alberta ?

Maintenant que l’Ontario a rejoint l’OIF. Nous serions en droit de nous poser la question si l’Alberta était légitime à faire de même. Aujourd’hui, la communauté franco-albertaine est-elle suffisamment considérée pour être envisagée ? Ou bien l’Ouest canadien demeure-t-il encore négligé et déconsidéré alors que sa Francophonie y existe bel et bien ? Quand mettra-t-on un terme à cette hiérarchisation imaginaire de la Francophonie et de ses représentants ? Entre imaginaire collectif et volonté politique, la Francophonie a encore du chemin à faire. Le prochain Sommet aura lieu en Arménie en 2018 et en Tunisie en 2020.

 

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