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Trump président, quatre longues années à venir

Personne n’y croyait vraiment et pourtant … Donald Trump est devenu le 45e président des États-Unis ! Stupeur et tremblements pour les uns, joie et sentiment d’espoir pour d’autres, cette victoire de Donald Trump montre un profond sentiment de division auprès du peuple américain. Mais au-delà de la division, le résultat de ces élections laisse songeur quant à la raison qui l’a mené à la victoire. L’élection de Donald Trump serait-elle un passage obligé pour amener les élites à se questionner ? En attendant, manifestations, émeutes ne cessent de se propager. On dit que tout arrive pour une raison. La grande question est quelle est-elle ?

« Pas de Trump, pas de KKK, pas de fascistes aux É.-U. » C’est l’un des nombreux messages que scandent de New York à Los Angeles, en passant par Baltimore et Washington des centaines de milliers de personnes. Plusieurs jours après son élection, les images que l’on peut voir sur le petit écran sont impressionnantes. Ce mandat de quatre ans vient juste de débuter et s’inscrit déjà sous le signe de la controverse.  Les manifestations anti-Trump n’en finissent plus, dans certains coins du pays on y parle d’émeutes. À Portland par exemple, on peut compter 400 manifestants, des vitres brisées, des immeubles tagués, des voitures vandalisées. Bref, la colère gronde, l’onde de choc Trump se propage et la fracture politique frappe de plein fouet le pays. Une partie de la population n’accepte pas et ne supporte pas que Donald Trump les représente. Une autre partie de l’Amérique ne cesse de couvrir de louanges le nouveau président. Comment en sommes-nous arrivés à un tel résultat ?

Le rejet de l’antisystème

Après le Brexit, voici l’élection de Trump, et ce n’est pas fini. Car tous ces évènements connaissent un lien. Dans les prochains mois, tous les yeux seront rivés sur l’hexagone. Les élections françaises se dérouleront du 23 avril au 7 mai. Marine Le Pen, chef du parti d’extrême droite en France, pourrait bien créer aussi la surprise, en passant au dernier tour des présidentielles. Là encore, on n'y croit pas. Cependant, cette nouvelle n’est pas s’en réjouir la candidate. Alors qu’ont en commun le Brexit et l’élection de Trump ? Certainement l’expression « d’un raz le bol » généralisée où des élites prennent des décisions au nom du bien commun. Les spécialistes s’accordent à dire que la mondialisation n’a jamais été ressentie de manière positive, ni par les classes moyennes ni par les classes populaires. Le phénomène antisystème a donc le vent en poupe et les Donald Trump, comme les Marine Le Pen l’ont bien compris et saisissent au vol cette occasion afin de faire avancer leur carrière politique.

La crise est partout. L’Europe présentée comme une promesse de croissance et de prospérité divise actuellement l’opinion publique. Un sondage de l’Institut français d'opinion publique (l’IFOP) en témoigne. Si la question sur la ratification de la Constitution européenne était de nouveau posée, 62 % des Français voteraient « non », contre 55% de non, déjà votés il y a dix ans. Idem pour le passage du Franc à l’Euro, aucun référendum n’avait été organisé, alors qu’un pays comme l’Angleterre s’était rendu aux urnes pour s’exprimer à ce sujet. Les élites décident et le ressenti du citoyen moyen est mis de côté.

Victoire de Trump, le pied de nez des classes populaires aux élites

Dans le cas de Trump, c’est un peu le même phénomène, un vote par défaut. Durant toute la campagne présidentielle, les médias ont joué le jeu de la diabolisation. Plus les médias ridiculisaient Trump, plus ils renforçaient un sentiment de dévalorisation, mais aussi de conviction de la part de l’Américain traditionnel qui a voté pour lui. Au même titre que l’élection du NPD en Alberta, après 40 ans de conservatisme, les gens ont appelé au changement et cela quel qu’il soit. Alors avons-nous tendu le bâton pour nous faire battre ?  Oui, certainement ! Le dédain des élites américaines a fini par tourner en faveur de Donald Trump. La peur, mais aussi le manque d’identification à un système auquel on est censé appartenir, creuse le nid de l’intolérance et de l’idéologie du rejet, voire du racisme. Par le passé, un certain Adolf Hitler avait joué sur les mêmes mécanismes : identité et fierté nationale, chômage, relance de l’économie, peur de l’étranger. À l’instar de Trump, c’est de manière démocratique qu’il avait été élu Grand Chancelier en 1939.

Allons-nous très bientôt apercevoir une montée en puissance du culte de la personnalité sur la scène politique, bien qu’il existe déjà comme chef incontesté dans le domaine des affaires ? L’avenir nous le dira. Si Trump a su exploiter les erreurs de ses adversaires, à savoir sous-estimer la réalité et le ressenti d’une partie de l’électorat américain., il a aussi su casser le politiquement correct qui en étouffait plus d’un. Aujourd’hui,  le nouveau président n’est plus en terre connue. Loin du tribun choquant, virulent et paradoxalement rassurant pour certains Américains, c’est un Donald Trump plus nuancé qui a pris la parole depuis l’annonce de sa victoire. L’heure de gouverner le pays est arrivée et je dirais que cela l’a presque rattrapé. La constitution de son futur gouvernement se fera connaître très prochainement. Apaisement, réconciliation, la tâche est lourde, même au sein de son propre parti. Nul n’est prophète en son propre pays. Certains républicains avaient désavoué leur propre candidat. Trump devra regagner leur confiance, notamment auprès des chefs de congrès qui sont si importants.

Donald Trump a toujours été un homme de pragmatisme, pas d’idéologie. Est-ce que politique et pragmatisme feront bon ménage ? Rabelais disait dans l’un de ses ouvrages,  « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». La science politique n’est pas une science exacte, mais elle est ici pour représenter les personnes. On mérite les chefs que l’on a choisi. Alors que Dieu protège l’Amérique !

 

Photo : Getty Images / Spencer Platt

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