Mardi 4 octobre, 40 affiches à connotation raciste ont été retirées des murs de l’Université de Calgary. Le message est sans équivoque, violent et s’adresse aux musulmans. Aux musulmans ou bien aux intégristes musulmans ? Quelle est la différence entre une personne de confession musulmane et un fanatique qui, sous couvert d’une religion qu’il prétend connaître, prône barbarie, terreur et violence ? L’amalgame ! Voilà le piège suprême, le miroir aux alouettes de la catégorisation facile.

share-1411235 1280Le contexte international n’aide pas. Les attentats aux quatre coins de la planète, diffusés largement en boucle sur les médias, conditionnent et favorisent l’amalgame.  Deux précédents éditoriaux du Franco abordaient aussi le thème du racisme (et de sa non-connaissance de soi), du terrorisme et des médias (l’effet papillon de l’inconscient collectif). Voilà à présent le sujet de l’islamophobie ! Un autre thème aussi complexe que d’actualité. La réalité est souvent difficile à cerner, surtout lorsqu'on ne connaît pas vraiment une religion. Bien souvent, cette dernière est mal interprétée.

Et pour cause, le roi du Maroc Mohammed VI a récemment dénoncé, à l’occasion du 63e anniversaire de la Révolution du roi et du peuple, les attentats et la violence qui en découlent. « Les terroristes qui agissent au nom de l’Islam ne sont pas des musulmans et n’ont en lien avec l’Islam que les alibis dont ils se prévalent pour justifier leurs crimes et leurs insanités », a-t-il déclaré.  Toujours selon le chef politique et religieux du pays, l’Islam serait détourné et tout bonnement instrumentalisé. Le souverain prend pour exemple et rappelle que le djihad « n’est envisageable que par nécessité d’autodéfense, car attenter à la vie au nom du djihad est un acte illicite. (…) Depuis quand le djihad revient-il à tuer des innocents ? » s’insurge-t-il.

Manipuler, dénaturer, c’est le piège dans lequel tombent certains jeunes, vivant notamment en Europe et ne possédant aucune connaissance ou expertise de la langue arabe, de son histoire ou de son contexte culturel.  La culture, c’est exactement là où le bât blesse. Les terroristes exècrent tout ce qui s’y rapporte. La culture, c’est l’enrichissement personnel par excellence, le pont entre les peuples. C’est de cette manière que des civilisations ont vu le jour. L’homogénéisation des modes de vie et des pratiques culturelles tendent vers un appauvrissement de l’humanité.

En y réfléchissant, on peut mettre beaucoup de choses derrière le terme d'islamophobie, en passant du racisme le plus primaire à la phobie du terrorisme. À Calgary, cet acte islamophobe ne donne pas dans la dentelle, et plonge dans l’amalgame le plus total.

Islamophobe ou terroriste, tout compte fait, ces personnes se ressemblent, mais ne le savent pas. La colère est souvent mauvaise conseillère, mais alors que dire de la peur et de la terreur ? Apprendre à connaître davantage les différentes cultures fait ressortir les différences et les ressemblances. Après tout, nous sommes tous des êtres humains. L’islamophobie. Ce n’est pas le mot qui compte, c’est la problématique de l’intégration, de la connaissance de soi et de celle des autres !

 

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