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M. et Mme Smith divorcent, un mythe s’écroule

Un éditorial tout en légèreté cette semaine. Eh oui, Angelina et Brad se séparent ! Une nouvelle qui a fait le tour de la toile en un rien de temps. Des personnes rendues si célèbres, qu’elles en sont devenues inaccessibles pour le commun des mortels (ceux qui ne sont pas célèbres). Beauté, pouvoir, argent, ce couple mythique n’avait presque rien à envier à l’histoire d’amour de certaines divinités grecques. Pourquoi en 2016, ressentons-nous le besoin d’idolâtrer, puis de haïr certaines célébrités ? Avons-nous finalement remplacé les anciennes icônes religieuses par des nouvelles : les icônes hollywoodiennes ?

De mémoire d’homme, et dans de nombreuses cultures, l’icône a toujours eu une fonction sociale. Celle d’assouvir tantôt un besoin d’idolâtrie, de fantasme, de crainte, de haine. Les icônes sont des idoles au visage bien souvent figé, mais aussi des points de repères de la culture qui nous ont été donnés. Dans la tradition chrétienne orthodoxe, le sens premier d’une icône est souvent religieux. Depuis le 20e siècle, les icônes religieuses ont laissé place aux icônes d’Hollywood. Dès les années 40, Rita Hayworth, Marilyn Monroe, Audrey Hepburn,  Grace Kelly incarnaient déjà ces images glamours, voire sulfureuses. Entre mythe et réalité, ces actrices sont passées très vite du statut de starlette, puis au rang de vedette et enfin à celui d’icône.

angelina-jolie-1-435-4Une icône, tantôt on l’adore, tantôt on la déteste. Des personnalités de la teneur d’Angelina Jolie et de Brad Pitt, que tout un chacun appelle Brad et Angelina, comme s'ils les connaissaient vraiment, sont relayées bien malgré elles à ce statut-là. Le déploiement médiatique autour de leur divorce est d’une telle amplitude que l’on pourrait croire que le mont Olympe chez les vedettes est en pleine implosion.

À l’image du veau d’or, dans le film les Dix Commandements, on célèbre, on glorifie, on idolâtre des faux dieux. Des divinités qui seraient purement matérielles et non spirituelles, nos dieux modèles s’appelaient alors Brad et Angelina. Mais toutes les histoires d’amour s’achèvent tôt ou tard. Telle une tragédie grecque, le couple Brangelina n’est plus. Leur divorce aura eu pour effet de ramener ces deux acteurs très connus à leur condition d’être humain. Ce couple mythique, comme d’autres (Élisabeth Taylor et Richard Burton auront eux aussi défrayé la chronique des amants terribles) finissent par se séparer.

Mais comme disait ce cher Saint-Augustin, il vaut mieux se perdre dans la passion, que de perdre sa passion. C’est à ça que servent les icônes, à adorer et aussi parfois à détester…

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