Près de quinze ans après l’attentat du 11 septembre, un autre attentat s’est récemment produit à New York. Si l’ampleur des dégâts n’est pas comparable, la vue de notre écran ravive certains souvenirs, certaines émotions. Plusieurs spécialistes y voient un effet papillon des médias.

L’effet papillon, connaissez-vous ? La majorité des personnes en a au moins une fois entendu parler. Il décrit une chaîne d’évènements qui se suivent les uns à la suite des autres. Si le premier incident est insignifiant, la suite des évènements entraînera une réaction en chaîne pour arriver à une vraie catastrophe. Pour les médias, c’est un peu la même chose.

Dernièrement, à la lumière de l’actualité, le téléspectateur aura régulièrement été exposé à une information relatant des faits de nature terroriste. Cette alimentation médiatique n’est pas anodine, quant à l’impact que de telles images ont sur le quotidien d’une personne. Le quotidien ! Les terroristes y comptent énormément, notamment en cherchant à atteindre les personnes au cœur de … leur quotidien.butterfly-effect-1920x1200

Certains spécialistes s’accordent à dire qu’il existe donc un effet papillon des médias. En l’espace de quelques jours, de quelques semaines ou de quelques mois, les médias auront relayé une information récurrente.  Cet été, après l’attaque de Nice en juillet, c’est au tour de la Turquie en août de ne pas échapper à la règle. Un jeune kamikaze de 14 ans se donnera alors la mort lors d’un mariage, au centre de la ville.  Dernièrement, l’attaque d’un homme au Minnesota aura défrayé la chronique en poignardant neuf personnes au nom de l’État islamique. Tout comme la Belgique et la Suisse, qui essuieront une attaque dans les transports en commun par un individu isolé, armé et frappant au hasard.  

Puis vient New York, qui est de nouveau frappée quelques jours après la commémoration du 11 septembre. En parallèle en France, une cérémonie pour les victimes du Bataclan sera donnée et retransmise. Les familles s’expriment, le président aussi. En somme, tous les ingrédients y sont pour donner au spectateur un sentiment de colère, de tristesse, de doute, de peur, voir de terreur. Bref, on baigne dedans constamment.  Est-ce le fruit du hasard ? On sait bien que non. Mais bel et bien le fruit d’une stratégie bien huilée : celle de cristalliser les émotions, afin d’y exercer une forme de contrôle indirecte dans les esprits de ceux qui regardent.

L’impression de déjà vu, la répétition des mêmes catastrophes, s’insinue peu à peu. C’est un schéma voulu, calculé. Le but se résume en trois étapes : mobiliser,  monopoliser, hypnotiser. C’est l’effet papillon de l’affect. Les spécialistes s’accordent à dire que “les affects sont des émotions que l'on ressent et qui se transmettent à l'autre ».

Selon le psychosociologue Ciompi, “Cette énergie, partagée par beaucoup de personnes, en arrive à converger vers un fleuve collectif d'une extrême puissance…  

cet effet papillon d'addition et de convergence des émotions suscite des effets mobilisateurs et structurants sur la pensée, sur l'action et sur les réactions sociales ». Il y parle des rails des comportements, d'émotions et de pensées.

La bonne nouvelle, c’est que ces rails ne sont pas les seuls. L’éducation est primordiale de nos jours, non pas seulement pour être armé sur le marché du travail. Mais aussi pour enseigner des valeurs de tolérance, de dialogue et de respect entre les futures générations et les différentes cultures.

L’effet papillon des affects peut donc aussi converger vers l’harmonie !

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