Déjà 15 malheureuses chandelles

Dans l’édition du Franco du 14 septembre 2001, la rédactrice en chef de l’époque, Mme Nathalie Kermoal, dresse une tableau très juste de l’évènement qui se déroule alors sous ses yeux. « On se rappellera du 11 septembre 2001 pendant longtemps. Quel réveil! Les images apocalyptiques, presque inimaginables, nous laissent pantois. Les deux tours du World Trade Center, le symbole du capitalisme américain par excellence, n’existent plus », se désole-t-elle. Avec le devoir de mémoire, l’équipe du Franco se rappelle, effectivement, de cette journée charnière de notre époque. Retour dans le temps.

911Hélène Lequitte, rédactrice en chef

Le 11 septembre 2001 est une journée à graver d’une pierre blanche. Je me vois encore parfaitement arpenter le boulevard du Maréchal-Foch un après-midi à Angers, la ville où j’ai grandi. Une journée maussade, un ciel gris, les feuilles qui jaunissent marquent le temps du retour à la réalité et la fin de l’été.  « C’est la rentrée, les gens s’activent …s’énervent », me dis-je. Tout en marchant, des bribes de conversation parviennent à mes oreilles. Je revois notamment cet étudiant avec ses lunettes disant, « c’est pas vrai, les tours sont tombées ». Je m’interroge sans vraiment comprendre. Je poursuis mon chemin. En rentrant chez moi, je croise d’autres personnes toutes aussi agitées. Quelque chose est en train de se passer, le mot attentat fini par tomber. Attentat, je m’imagine sur le moment un attentat au Moyen-Orient. Puis très vite, je comprends à l’agitation des personnes que je croise qu’il s’agit de bien autre chose, autre chose mais quoi ? Un attentat en France ? Ce ne serait malheureusement pas la première fois. Je finis par rentrer chez moi.  Ma mère est devant le poste de télévision, se retourne, et me lance un « il y a eu un attentat aux États-Unis ».  Interloquée, sur le moment je ne comprends toujours pas.

Puis, je m’approche. C’est la chaine nationale. L’image d’un avion encastré dans l’une des tours jumelles me décrit une réalité que j’étais loin de m’imaginer. Les heures qui suivront, je les passerai rivée, moi et ma famille, sur le poste de télé à suivre au compte goutte  l’avancée de la situation. La suite malheureusement on la connait. Le 11 septembre 2001 aura marqué un grand coup les esprits, le mien compris.

Martin Bouchard, journaliste

« Sherbrooke, Québec. Il est 11h. Je dors encore. La veille, je fêtais la rentrée avec mes amis que je n’avais pas vus de l’été, Julie et Éric, mes fidèles acolytes. Mon colocataire, Cédrix (oui, avec un x), me réveille, paniqué. J’ai un immense mal de tête et les images qu’il me montre à la télé me donnent la nausée. Je m’habille en vitesse et je file à l’université sur mon vélo rouillé. La rue Galt ne m’a jamais paru aussi insignifiante. À la Faculté des Lettres, les cours sont suspendus. Dans les classes, de vieilles télévisions ont été installées et chacune d’elle diffuse les mêmes images, sur différentes chaînes. Les tours qui s’effondrent, en boucle. C’était le véritable jour 1 de l’information continue au Québec, et j’ai l’impression que les horreurs qui nous ont été présentées cette journée-là n’ont jamais cessé.

Joris Desmares-Decaux, responsable du développement des affaires et des ventes

Je me rappelle très bien de ce jour. J’étais toujours en France dans la petite ville de Thury-harcourt en Normandie. Ce jour là, je me faisais percer l’oreille gauche chez un bijoutier. J’étais un peu stressé de ce moment pour tout avouer. Une fois cette épreuve passée arriva le moment du paiement. Nous nous dirigions, mon père et moi, vers la réception de la boutique. Le patron était collé à son poste radio où la nouvelle des attentats tournait en boucle « Il y a eu des attentats aux États-unis. Des avions se sont écrasés dans des tours ! » nous a dit le gérant. Personnellement je n’y croyais pas, et pensais plus au canular qu’à une véritable information. Sur le chemin du retour, nous avons allumé la radio dans notre auto. C’est à ce moment là que j’ai réalisé que ce n’était en aucun cas une blague de mauvais goût mais la pure réalité. En rentrant chez nous, j’ai tout de suite allumé la télévision et, ai constaté l’horreur en direct. Mon tout premier piercing n’est donc que secondaire quand à l’importance des faits qui me sont arrivés ce 11 septembre 2001.

Alexandra de Moor, journaliste

Du haut de mes six ans, je n’ai pourtant pas manqué une seconde de ce tragique événement. Peut-être que les nombreuses fois où on me l’a raconté y sont pour quelque chose, mais je peux affirmer aujourd’hui avoir des souvenirs clairs du 11 septembre 2001. Nous venions de nous installer dans la classe, mes camarades et moi, lorsque la voix de notre directrice retentit dans l’interphone. Professeurs et élèves prirent conscience de l’incident tous en cœur. Je me souviens du long silence qui s’installa instantanément, et qui perdura quelques minutes dans la classe à la suite du message. L’état de choc, c’est ce qui résume assez bien mon souvenir. Je n’avais pas la maturité de comprendre l’ampleur des événements, mais je savais que ça sortait de l’ordinaire. Au retour chez moi, toutes les télévisions étaient allumées à des postes différents. Mes parents suivaient l’actualité sans dire un mot, l’air secoué. J’ai alors compris que l’état de choc m’avait poursuivie jusqu’à la maison. Une journée bien particulière, marquée de pleurs et de silences dont je saisis aujourd’hui la signification.  

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