À Paris, au moment où la communauté asiatique défile contre les violences et dénonce le « racisme anti-asiatique », un autre fait divers à connotation raciste aura récemment marqué les esprits à Edmonton. Phénomène isolé ou plus répandu qu’on ne pourrait le penser ? Pourquoi fait-on aux uns, ce que nous ne voudrions pas que l’on nous fasse?

Le 1er septembre Jesse Lipscombe, acteur et producteur, tournait une vidéo promotionnelle en centre-ville d’Edmonton. Quand trois hommes assis derrière la fenêtre de leur voiture ont lancé à l’attention de M. Lipscombe cette insulte à connotation raciste : « les nègres reviennent » ! M. Lipscombe se dirige vers la voiture, ouvre la portière et leur demande de lui répéter en face ce qu’ils viennent de dire. Les trois hommes nient, puis cherchent à refermer la porte, démarrent en trombe tout en continuant à vociférer la même attaque raciste.

racism

Ce type d’événement en 2016 est toujours choquant, voir surprenant. On parle souvent de progrès, de progrès technologique souvent numérique, mais qu’advient-il du progrès social? Celui que l’on pourrait être en droit d’attendre, les uns envers les autres en 2016. Force est de constater que le vivre ensemble demeure toujours au cœur de la polémique. Ce qui est différent dérange et ça ne date pas d’hier.

Si cet incident dépeint une intolérance sous couvert de l’ignorance, il démontre aussi que les réactions des uns font réagir en fonction de l’identité des autres. D’où vient le racisme ? Les mécanismes sont bien souvent d’ordre économique, idéologique, psychologique, mais s’expriment aussi bien souvent par un manque affligeant d’éducation.

Qui est-il ? Qui est-elle ? Est-ce que je lui ressemble ? Souvent les marques d’intolérance s’observent d’autant plus dès lors que l’économie et l’employabilité montrent des signes de faiblesse. Trouver un bouc émissaire, est souvent une réaction qui vient remettre en question l’identité d’autrui.

La notion d’identité est donc un fragile équilibre entre, d'une part ce qui nous rend semblables à d'autres et, d'autre part, ce qui nous rend unique. La différence fait peur. Le genre humain aime bien souvent catégoriser pour cette raison d’ailleurs.  

La limite peut-être mince alors entre le racisme idéologique comme le revendiquait Adolphe Hitler, le colonialisme et la pure bêtise fondée sur l’ignorance.

Les voyages forment la jeunesse et déforment les valises comme on dit, mais ouvrent aussi l’esprit. Les sentiments, les sensations, les émotions, les pensées, les réflexions donnent sans cesse des informations sur le monde, sur l'environnement mais aussi sur soi-même. Plus on a la chance de découvrir le monde, plus on a la chance d’en découvrir un peu plus sur soi-même. “Connais-toi toi même”, est une devise inscrite sur le Temple de Delphes. C'est ce “savoir sur soi-même” qui donne le sentiment d'une identité personnelle, et qui permet de découvrir qui l'on est. Finalement, le racisme, la bêtise ou l’intolérance ne puiseraient-ils pas leurs sources dans un manque évident de la connaissance de soi ?

 

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Aller au haut