Dans moins d’un mois, tout au plus, l’Alberta aura un nouveau premier ministre. Le 17 septembre prochain, les résultats du premier tour de scrutin de la course à la direction du Parti conservateur seront dévoilés et si un candidat obtient 50 % des appuis, il sera dès lors élu chef de son parti et deviendra de facto premier ministre.

Le second scénario – le plus plausible – est qu’un deuxième tour se déroulera entre les trois candidats qui auront obtenu le plus de votes lors du premier tour et les résultats seront annoncés le 1er octobre. Qui de Doug Griffiths, Doug Horner, Gary Mar, Ted Morton, Rick Orman ou Alison Redford suivra les traces conservatrices des 40 dernières années d’Ed Stelmach, Ralf Klein, Don Getty et Peter Lougheed pour devenir le 14e premier ministre de l’histoire de l’Alberta?


Bien malin celui qui peut le prédire. Après tout, il n’était pas nombreux à prédire une victoire de M. Stelmach en 2006. Troisième à la suite du premier tour, il avait vu les candidats ayant terminé derrière lui endosser sa candidature, lui permettant de coiffer Jim Dinning et Ted Morton au fil d’arrivée. Pour y voir un peu plus clair, notre chro-niqueur politique Frédéric Boily présente ses impressions en page 12.

La communauté franco-albertaine a également eu la chance de se faire une idée, alors que l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) a organisé des rencontres publiques avec les candidats. Deux prétendants ont répondu favorablement à cette invitation : Gary Mar et Doug Horner.

On ne peut pas dire cependant que la communauté franco-albertaine s’est sentie interpelée. Seulement 10 personnes sont venues échanger avec Gary Mar et à peine une quinzaine ont participé à la rencontre publique avec Doug Horner. Ces sessions ont beau avoir eu lieu au mois d’aout, une participation d’une trentaine de personnes aurait permis à la francophonie de marquer des points.

Pour reprendre les propos de certains membres du Conseil d’administration provincial de l’ACFA, réunis à Edmonton le 26 aout dernier, cela ne fait pas vraiment sérieux comme communauté de langue officielle qui, nonobstant la cause Caron, se dit ouverte à vouloir travailler avec la province pour un avancement des droits des francophones.

Chacun des deux candidats s’est engagé à rencontrer les leaders de la communauté franco-albertaine tous les ans s’il devient premier ministre, mais il n’est pas dit que Gary Mar, par exemple, tiendra cette promesse, au lendemain de son élection.

Après tout, l’objectif d’une telle campagne n’est-il pas de séduire le plus d’électeurs possible en présentant leur vision de l’avenir de la province, mais aussi en jouant le jeu politique et d’accepter ce genre d’invitations. De plus, il est clair que Gary Mar, en matière de francophonie, a une vision similaire à celle d’Ed Stemalch : une ethnie parmi tant d’autres qui a certains privilèges, selon la Charte canadienne des droits et libertés. Pour paraphraser : vous avez des droits, au niveau
fédéral avec la Loi sur les langues officielles, je vais les respecter, mais ne vous attendez pas à plus de ma part.

Pour ce qui est de Doug Horner, la donne est différente. Il était accompagné du ministre responsable du Secrétariat francophone, Hector Goudreau, lors de son passage à La Cité francophone. Voilà qui est de bon augure pour la communauté, si M. Horner devient premier ministre. De là à dire que le gouvernement aura une ouverture à travailler avec la communauté immédiatement, plutôt que d’attendre le jugement de la Cour suprême dans la cause Caron, il est probablement prématuré de s’avancer sur cette question…

Advenant que ce soit un autre candidat, il faudra voir quel sera l’avenir politique du ministre Goudreau. Ce dernier pourrait décider de se retirer de la vie publique, comme l’a fait un autre champion de la francophonie albertaine, Denis Ducharme, lorsque M. Stelmach a remplacé Ralph Klein.

Par ailleurs, il est faux de croire que la communauté a boudé ces échanges, car il s’agissait de rencontres avec des candidats conservateurs. Une rencontre publique avec le candidat libéral Hugh MacDonald n’a pas généré plus de participants…

 

 

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