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14 juillet 2016. J’arrive au bureau complètement décousu. J’ai tout lu sur l’attaque terroriste de Nice. « Pas encore », me dis-je. Mais surtout, pourquoi encore la France? Je ne trouve pas de mots.

Le jour d’avant, je blaguais sur le sujet de ce billet d’humeur. Je voulais parler des « Maudits Français », ceux qui savent tout et qui commencent leurs phrases par « Nous, en France… ».  Et puis ce drame est arrivé, et je n’ai plus eu envie de blaguer.

 

Au contraire, j’ai envie de dire comment j’aime les Français. Ils ont besoin d’amour, nos cousins.

Je les connais bien. Dans une autre vie, j’ai été serveur au D-Sens, un restaurant français au centre-ville de Montréal, aujourd’hui fermé. J’étais le seul Québécois parmi une ribambelle de Français, tous aussi colorés les uns que les autres. 

Comme je me suis fait engueuler! Non vraiment. Le décorum culinaire français, c’est quelque chose! Une fois, j’ai ouvert une bouteille de vin et ça a fait « pop ». La maitre d’hôtel m’a carrément fait m’excuser auprès des clients pour ce son sorti d’un grand cru. La honte. Le chef était une vraie caricature : bouillant, colérique, bourru. Et puis sorti de nulle part, il lançait une farce extrêmement salace et déplacée devant des habitués accoudés au comptoir, buvant du Pastis.  À tout coup, je rougissais. « Décoince-toi, Martin », me lançait-il. Ils sont comme ça les Français. Généreux, authentiques, intenses.

À la fin de la journée, alors que nous étions épuisés, la beauté française se faisait voir, éclatait dans toute sa splendeur. Le chef nous cuisinait quelque chose de délicieux, il ouvrait une bonne bouteille, souvent un Bordeaux, et nous jasions. Ça discutait solide, ça riait aux éclats, ça se faisait des bises. Nous étions une petite équipe, mais c’était plutôt une famille. Je repartais chez moi aux petites heures du matin, un peu ivre sur mon vélo, dans la douceur de l’été. Et ça recommençait le lendemain.

C’est cette joie de vivre qui a été attaquée, le 14 juillet dernier.

Aujourd’hui encore, je suis entouré de Français. Pour ceux qui ne le savent pas, trois ressortissants de la France travaillent au Franco. Hélène est toute menue, elle parle fort et rigole d’un rien. Joris converse à propos du Calvados comme de la huitième merveille du monde. Amandine est discrète, et qu’elle est gentille! Comme bien d’autres, ils ont quitté leur patrie pour vivre dans notre communauté franco-albertaine, et ils y jouent un rôle important.

Par ce billet, je veux leur rendre hommage. Mais aussi leur dire qu’ils ne sont pas seuls. La fraternité, concept intrinsèque de la France, peut prendre plusieurs formes. Un clin d’œil, un sourire, une tape dans le dos, une embrassade. Ne soyez pas gênés, et faites un Français de vous-même! 

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