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Tendance estivale

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a pris l’habitude – la mauvaise dira le milieu associatif francophone – d’offrir des cadeaux en pleine période estivale. Suivant le cycle scolaire, juillet et août ont généralement été reconnus comme étant des mois permettant aux employés et aux élus des organismes de relaxer quelque peu et de recharger les batteries afin de reprendre le travail du bon pied dès la fin août.

Or, depuis deux ans, il en est tout autre. Qui ne se souvient pas, il y a un an déjà, du fameux dossier du Recensement, alors que les conservateurs avaient annoncé, en plein été, leur intention de ne plus rendre obligatoire le formulaire long. Le tollé que cela avait soulevé partout au pays. La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada avait même intenté, à la fin juillet, une poursuite judiciaire pour le rétablissement du formulaire long.


Devant la crainte de perdre en cour, le gouvernement avait répliqué, en août 2010, en annonçant en catastrophe l’ajout de deux questions supplémentaires sur les langues officielles au formulaire court. On connaît la suite des choses… la FCFA a décidé à l’automne 2010 de ne pas faire appel d’une première décision et les Canadiens ont été appelés à remplir ces dernières semaines le « nouveau » questionnaire.

Si la décision arbitraire du gouvernement Harper – alors minoritaire au gouvernement –  avait déplu, le scénario semble se répéter cette année, et puisque les conservateurs ont depuis obtenu une majorité, cela n’est pas de bon augure pour les communautés francophones.

En effet, au cours des dernières semaines, certains organismes ont reçu un appel du ministère du Patrimoine canadien, à Ottawa, leur annonçant que des projets, pourtant présentés, débattus et recommandés ici à Edmonton, ont été rejetés du revers de la main. Cela s’est d’abord produit dans les Territoires du Nord-Ouest, puis, ici en Alberta, alors que l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) vient de « perdre » deux projets majeurs.

Il est question ici d’une campagne de promotion automnale de la francophonie albertaine, ainsi que son programme de coordonnateurs scolaire communautaire (CSC). Bien ancré depuis près de cinq ans partout en province, le projet des CSC, s’il devait cesser, viendrait porter un coup dur aux initiatives menées conjointement avec trois conseils scolaires francophones – le Conseil scolaire Centre-Nord et les deux conseils du sud de la province – pour assurer un rayonnement de l’école francophone au sein de la communauté.

Ce qui déçoit également les leaders communautaires dans ces annonces, c’est qu’aucune raison n’a encore été donnée pour justifier ce refus de financer certains projets. Comme le mentionne la présidente de l’ACFA, Dolorèse Nolette en réaction à cette décision (lire la réaction), il sera intéressant de voir si ces sommes seront réinjectées ailleurs dans la communauté franco-albertaine.

Si tel est le cas, tant mieux, mais si le gouvernement décide de « garder » cet argent dans le cadre d’un exercice de rationalisation afin de se conformer aux compressions exigées par le ministre des Finances Jim Flaherty dans le dernier budget fédéral, là il faudra s’inquiéter.

Un nouveau recours judiciaire pancanadien devra alors être envisagé par la FCFA du Canada, puisqu’il serait étonnant que cette décision ne touche que l’Alberta et les TNO. Par la suite, on dira que les organismes font trop de revendications au détriment du développement communautaire…

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