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Sceptiques confondus

En accueillant la 22e Fête franco-albertaine, le week-end dernier, la communauté francophone de Saint-Albert prenait un pari, car il fallait démontrer hors de tout doute que l’édition 2006 de cet événement, présentée au même endroit et qui avait été tout sauf un succès, était une erreur de parcours.

Le pari pour le comité organisateur était cependant bien calculé puisque 2011 est, pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, l’année du 150e anniversaire de la création de Saint-Albert. Toutefois, ce fait marquant de l’histoire franco-albertaine ne garantit pas à lui seul le succès de la Fête franco-albertaine (FFA).


Lorsque le président de la FFA, Pierre Bergeron, a annoncé, il y a environ un an, que Saint-Albert accueillerait pour une troisième fois cet événement, plusieurs – dont moi le premier – ont remis en question ce choix. Quelques raisons étaient avancées : cette communauté est trop proche d’Edmonton, permettant aux participants potentiels de ne pas se déplacer si la température ne coopère pas, ou encore, 2006 a été un flop, alors pourquoi tenter le coup de nouveau cette année. 

De plus, l’édition 2011 de la Fête sortait quelque peu de la nouvelle vision de l’événement, présentée lors du Rond Point de 2009, soit un retour aux sources. En d’autres mots, un plus petit événement, en famille, qui n’est pas organisé avec un comité local. Tout cela afin que l’entité de la Fête puisse éponger le plus rapidement possible sa dette accumulée qui avoisinait à l’époque les 70 000 $.

C’était mal connaître la fierté des francophones de Saint-Albert et de tout Centralta, car au terme de cette 22e Fête franco-albertaine, les sceptiques ont été confondus. Quelque 2350 participants pour les trois jours d’activités, cela va au-delà des attentes des organisateurs.

Il faut dire que contrairement à 2006, la communauté s’est sentie interpellée par la Fête franco-albertaine. De plus, avec des Jean-Claude Lajoie (coprésident du comité organisateur de la FFA) et David Fréchette (représentant de l’ACFA régionale au comité du 150e de Saint-Albert), entourés d’une équipe de bénévoles engagés, on ne pouvait se tromper.

Il fallait voir la fierté de Jean-Claude Lajoie au terme de cette fête. Au cours de la dernière année, il s’était engagé à remplir l’église pour la célébration eucharistique et les 1100 personnes présentes ont dépassé ses attentes. Tout cela devant les caméras de Radio-Canada. Les personnes qui l’auraient manqué pourront revoir cette célébration le 17 juillet prochain lors du Jour du Seigneur.

Ce succès retentissant devrait permettre aux organisateurs de dégager un surplus financier, ce qui réduira de nouveau la dette de la FFA. Pour ce faire, le comité local a certainement dû faire des sacrifices en cours de route, et ce, même si on comprenait mal le fait que la Fête de 2011 devait servir à éponger les gouffres financiers des éditions de 2007 et 2008.

Au final, les participants en auront eu pour leur argent avec près d’une centaine d’artistes qui ont défilé sur scène et une diversité d’activités. Après tout, on se rend à cet événement pour avoir du plaisir et pour socialiser entre amis, plus que pour aller voir un « gros nom de la scène québécoise » en spectacle.

Dans quelques années, lorsqu’on parlera de la Fête franco-albertaine de Saint-Albert, on retiendra désormais l’immense succès de l’édition 2011 plutôt que les difficultés de 2006. La communauté francophone locale le mérite amplement…

 

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