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La Presse passe au numérique

technology-792175 1280C’est officiel ! Le 1er janvier 2016, le quotidien La Presse ne produira plus d’édition papier en semaine. La publication se fera seulement les samedis. Un changement radical que certains jugeront nécessaire, voir inévitable; quand d’autres y verront une forme de déclin. Entre les pour et les contre, quel impact cette décision aura t-elle sur le travail des journalistes, mais aussi sur le quotidien des gens ? Une telle nouvelle ne laisse personne indifférent.

Le pari est lancé ! Le lancement du numérique du quotidien montréalais est passé à la vitesse supérieure. Il sera à présent difficile de faire marche arrière. Un défi osé puisqu’il sera essentiellement basé sur la part de marché de la vente de tablettes et de leur application. Le journal avait déjà amorcé un premier virage en 2013,  avec la sortie de La Presse +.

Dorénavant, c’est à cette application tablette que le média se consacrera presque exclusivement d’ici plusieurs mois. Et comme on ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs, des suppressions de postes seront à prévoir notamment dans le domaine de l’impression et de la distribution. Il est encore trop tôt pour anticiper les pertes exactes dans ce secteur, mais cette restructuration était à prévoir. Cette stratégie commerciale entraînera donc la suppression de près de 158 postes a estimé et déclaré le journal La Presse, dont 43 au sein de la salle de rédaction, 102 comme postes de cadres, ainsi que 56 surnuméraires et employés temporaires.

 

Le rituel de l’information change

Les temps changent ! Elle semble bien loin l’époque du film les temps modernes de Charlie Chaplin où l’homme se laissait happer par la machine. Aujourd’hui, c’est la machine, celle de la presse papier qui à son tour se laisser happer par l’ère du numérique. La technologie évolue à son propre rythme et ne laisse pas d’autres choix aux gens que de la suivre. Si, pour les enfants, manier une souris est devenu presque plus « naturel » que de tenir un stylo, les personnes âgées s’y mettent aussi.

 

L’ère d’Internet est passée de prépondérante à omniprésente ! C’est un phénomène global. Certains spécialistes s’entendent pour dire que « contrairement à ce qui a pu être envisagé au départ, l’Internet n’est pas seulement un mode de diffusion mais aussi et surtout un nouveau média en tant que tel avec ses propres contenus et sa propre logique […]. Il est en compétition avec les autres médias pour capter l’attention et la disponibilité des consommateurs potentiels ».  Et cela au détriment des médias dits traditionnels, comme la presse papier. Aujourd’hui, nous sommes rendus à un carrefour où la disparition du format papier n’est plus un mythe. Nous y sommes ! Quand le changement survient, on en questionne souvent le bien fondé.

 

La suppression du format papier représente certains avantages. Une entreprise économisera du temps et de l ‘argent, notamment sur les salaires, le coût du matériel, l’encre et le papier. Ce changement aura peut être aussi un impact positif sur l’environnement. Moins de papier représentera moins d’arbres à couper, moins de forêt à déforêster. Le virage numérique du quotidien montréalais sera une opération à double tranchant, avec ses avantages et ses inconvénients. Les inconvénients au delà des licenciements, c’est aussi l’acceptation du changement. Innover c’est aussi savoir oser, prendre des risques. La presse papier à la fin du XIXe siècle était déjà une révolution en soi. Si les rituels de média changent, et que le numérique monte en puissance, cela ne signifie pas pour autant que le format papier est moins populaire. Beaucoup de personnes y restent attachées et ne sont pas prêtes à le laisser sans aller.

Si le quotidien La Presse a fait son choix, cela ne laisse pas nécessairement présager  que le sort des autres journaux papier soit déjà scellé.

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