L’arrêt du pétrole en 2100, une vraie fausse bonne nouvelle

Le sommet du G7 s’est tenu au château d’Elmau, en Allemagne, le 7 et 8 juin dernier. Parmi les nombreux points évoqués par les 7 chefs d’État, le changement climatique et la sécurité énergétique. Ce volet est comme à son habitude sans cesse abordé, avec cette fois une nouvelle qui n’aura pas manqué de retenir l’attention : l’arrêt des exploitations fossiles en 2100 !


Serait-ce donc avec « stupeur et tremblements », titre du célèbre roman d’Amélie Nothomb, que nous devrions accueillir cette nouvelle ? D’un côté la stupeur, car le quotidien et le fonctionnement de la planète reposent principalement sur l’exploitation des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel), et cela, malheureusement au détriment de notre environnement. Nous sommes devenus si dépendants des hydrocarbures que nous n’avons pas pu ou voulu chercher d’autres alternatives. L’arrêt de cette exploitation marquerait-elle le début d’un geste responsable et citoyen envers notre héritage millénaire, la planète Terre ?


De l’autre, le tremblement renvoyant à un questionnement d’ordre économique. Quel impact l’arrêt du pétrole aurait-il sur l’économie mondiale, et plus principalement sur celle de l’Alberta, et sans compter l’emploi ? Le professeur d’économie à l’Université de l’Alberta, David Caron souligne : « Il n’y a plus urgence à exploiter le pétrole, si on s’attend à en avoir encore besoin dans 85 ans. » Cela donnerait encore un laps de temps important pour les entreprises pétrolières en Alberta. Mais en y réfléchissant, sur une échelle mondiale, cette vraie fausse bonne nouvelle dans l’univers du pétrole pourrait en laisser plus d’un perplexe. En effet, dans le courant de ce siècle, les réserves en énergies fossiles seront probablement épuisées et, à notre tour, nous en aurons aussi pris le chemin (d’état fossile). Une avancée historique, qui n’en est pas vraiment une, puisque cet objectif climatique n’amènera personne à imposer des changements radicaux immédiats dans notre mode de vie actuel.

En 2015, nous employons des méthodes questionnables telles que le « fracking » pour extraire le pétrole du sol. Cette méthode consiste à mettre de micro charge explosives dans la terre afin d’en faciliter l’extraction.Une pratique à laquelle on a toujours recours et qui fait office de plaies ouvertes pour l’état des sols. Cependant, les politiciens ont conscience qu’il faille se tourner vers les énergies vertes, non pas par conviction, mais par nécessité. Car si les diamants sont éternels, le pétrole ne l’est pas. Peu à peu, on entend les politiciens parler de transitions énergétique ; les panneaux solaires et les éoliennes sont des sources d’énergie que l’on prend de plus en plus  au sérieux, notamment en Alberta, une province bénéficiant de l’un des taux d’ensoleillement les plus importants du pays.

En somme, cet objectif climatique pour 2100 constitue une bonne publicité pour les politiciens actuels, car cela ne sera certainement pas eux qui le réaliseront. En revanche, ils peuvent d’ores et déjà bénéficier d’un bon coup de pub par cette campagne de communication politique qui leur est faite.

En tout cas, une chose sûre : les décisions politiques qui veulent marquer le fil du temps sont à prendre maintenant et pas juste en 2100.

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