Le 6 juin, coup d’envoi de la Coupe de monde féminine de soccer à Edmonton !

 

C’est sous l’actualité brûlante des scandales de corruption au sein de la FIFA (Fédération internationale de Football association) et de l’élection controversée de son président Sepp Blatter annonçant finalement  sa démission ce mardi 2 juin, que débutera samedi 6 juin à Edmonton la septième édition de la coupe du monde féminine de soccer.

 

La semaine passée, les médias diffusaient les arrestations de hauts dirigeants de la célèbre fédération par le FBI et la police suisse, quelques jours avant l’élection de son président pour un mandat de 4 ans. Ce nouveau scandale, qui s’ajoute à ceux des conditions d’attribution des coupes du monde à la Russie en 2018 et au Qatar en 2022, a eu raison de Sepp Blatter renonçant finalement au poste de président de la FIFA quelques jours seulement après sa réélection. Des éclaboussures qui ne découragent en aucun cas les amoureux du ballon rond, toujours plus nombreux à pratiquer et aimer le soccer au point d’être le sport le plus joué au Canada après le hockey.

 

 

 

Edmonton, ville hôte, 11 matchs !

Samedi 6 juin, le Stade du Commonwealth d’Edmonton accueillera le coup d’envoi du mondial avec la rencontre Canada-Chine. Une rencontre importante pour la ville qui recevra une nouvelle fois l’équipe du Canada pour son deuxième match du groupe A le 11 juin contre la Nouvelle-Zélande. Edmonton, capitale de l’Alberta, mais aussi du soccer pendant un mois. La ville détiendra, en effet, le plus grand nombre de matchs de cette coupe du monde (11), dont celui de la 3e place. De bon augure pour les commerçants de la ville qui verront déferler dans leurs boutiques des partisans venus du monde entier. Des retombées économiques qui pourront atteindre plusieurs dizaines de millions de dollars pour la ville.

 

Une équipe du Canada francophone parmi les favoris

Bien que n’ayant pas eu besoin de participer aux éliminatoires du mondial en tant que pays hôte, l’équipe du Canada fait partie des favoris dans « son » tournoi. La belle image montrée par les jeunes Canadiennes lors de la coupe du monde féminine 2014 des moins de 20 ans (U20), organisée également au Canada, donnera une motivation supplémentaire à leurs aînées. En effet, l’équipe du Canada U20 avait terminé son épopée en quart de finale, sortie par l’Allemagne (0-1), future championne de la compétition.

L’équipe du Canada, qui a récemment remporté un match amical contre l’Angleterre (1-0), comptera dans ses rangs plusieurs francophones : Josée Bélanger, Marie-Ève Nault et Rhian Wilkinson. Trois Québécoises, respectivement de Coaticook (Estrie), Trois-Rivières (Mauricie) et Baie-d’Urfé (Montréal) qui représenteront la francophonie au sein de l’Equipe nationale.

 

Une francophonie bien présente et ambitieuse

Le Canada ne sera pas la seule équipe qui symbolisera la francophonie lors de ce mondial. En effet pas moins de quatre autres équipes, dont le Canada, parleront français, à savoir le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la France et la Suisse. Ces équipes au fort potentiel n’auront en commun que la langue, et  tenteront de se démarquer en passant la phase de poules.

Les « Rouges » canadiennes ont démontré qu’elles pouvaient rivaliser avec les meilleures équipes mondiales avec leur médaille de bronze lors des Jeux olympiques de Londres en 2012, l’or obtenu aux Jeux Panaméricains de 2011 et la cinquième place de la Coupe de Chypre en 2014. La France, classée 3e au classement mondial, constituera un prétendant sérieux au titre. Les « Bleues » ont en effet terminé les qualifications avec une note très positive : ensemble des matchs gagnés, meilleure buteuse et meilleure passeuse des qualifications (ndlr Gaëtane Thiney, 13 buts, et Louisa Nécib, 13 passes décisives). Les « Lionnes indomptables » camerounaises à la défense solides, se présenteront en tant que vice-championnes africaines; tandis que les « Éléphantes » ivoiriennes, troisièmes de la même compétition, tenteront de suivre la lancée de leurs homologues masculins vainqueurs de la dernière coupe d’Afrique des Nations. Notons qu’il s’agit de la première participation de ces deux équipes à cette compétition mondiale. L’équipe suisse effectuera aussi sa première participation au tournoi. La « Nati » suisse, qui compte dans ses rangs des joueuses d’expérience, risque de faire parler la poudre avec son attaque redoutable (ndlr 9-0 contre Israël lors des éliminatoires) et se présentera en tant qu’outsiderleur de l’épreuve.

Un premier match « francophone », qui opposera la Suisse au Cameroun le 12 juin à Vancouver pour le compte du groupe C, s’annonce déjà déterminant pour les deux équipes.

 

Le soccer en Alberta : un sport de plus en plus pratiqué

L’Alberta ne connaît pas une popularité du soccer comme on peut retrouver en Ontario, en Colombie-Britannique ou au Québec…Du moins pas encore. En effet, la pratique du soccer croît année après année dans la province, au point que des clubs mondialement connu sy viennent pour établir des camps d’été. Cette effervescence se retrouve surtout auprès d’un jeune public, y compris franco-albertain.

 

Portrait : Graine de championne franco-albertaine

Allison Taylor, 22 ans, née et élevée à Red Deer, est littéralement une enfant de la balle en matière de soccer. C’est à l’âge de 4 ans qu’elle fait ses débuts dans le monde du ballon rond et c’est à 11 ans qu’elle entame la compétition.

C’est pour l’équipe de Rionero FC qu’Allison joue au poste de défenseur à Edmonton, en arborant fièrement son maillot le numéro 13. C’est vers ses 14 ans qu’elle réalise que le poste de défenseur lui convient bien. Très vite, elle devient une joueuse émérite et joue à présent en division 1 de la ligue féminine. 

Depuis, elle joue un match par semaine. Au mois d’août, il y a un tournoi provincial chaque année où toutes les équipes se mesurent les unes aux autres. Durant l’hiver, il y a 3 centres principaux pour jouer à l’intérieur : Centre Sud, Centre Ouest et Centre Nord. Les rudes hivers albertains n’auront pas raison des entraînements de soccer, et pour cause : « De plus en plus de parents inscrivent leurs enfants au soccer, car c’est moins cher que le hockey », explique Allison. Le soccer a le vent en poupe et permet à de plus en plus de jeunes de socialiser en anglais et en français. C’est avec 3 autres joueuses de son équipe qu’Allison parle parfois en français : « On mélange les 2 langues », précise-t-elle.

Car hormis  être une bonne joueuse de soccer, Allison a une autre particularité : être bilingue. Ses parents, qui sont anglophones, ont décidé d’inscrire leurs filles en école d’immersion à partir de la maternelle, et ce, jusqu’à la deuxième année : « Mes parents ont pensé que c’était une bonne idée pour notre avenir, ma sœur et moi ». C’est au campus Saint-Jean qu’elle poursuivra en français ses études, avec un baccalauréat en biologie qu’elle a achevé. À présent, elle poursuit ses études à l’Université de l’Alberta où elle a commencé un baccalauréat en éducation secondaire. 

Samedi 6 juin, c’est sûr qu’Allison suivra le match d’ouverture. Le soccer a du sens pour elle et pour cause : « Pour les jeunes filles, c’est quelque chose qu’il faut montrer. Même si c’est un sport dominant par les hommes, les filles peuvent elles aussi y arriver; c’est excellent que le Canada s’implique au soccer ».

En dépit des récents scandales qui ont éclaboussé la FIFA, Allison ne perd pas de vue l’essentiel : « Pourquoi on s’inquiète tout le temps à propos de l’argent ? Le spectateur s’intéresse au sport, pas à l’argent ». En tout cas le coup de sifflet résonnera samedi prochain, et Allison comme tant d’autres ne manqueront pas le rendez-vous.

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