Pour revenir sur le sujet de la semaine dernière, j’étais heureuse de voir M. Edmund Aunger, un homme que j’admire, réitérer que l’important dans une décision favorable de la Cour suprême dans la cause Caron, c’était la confirmation de notre histoire. Bien sûr, beaucoup ne voudront pas l’entendre.

Avant 1870, dans le territoire qui est aujourd’hui l’Alberta, la majorité du conseil législatif était francophone. Entre 1835 et 1870, les deux langues officielles, l’anglais et le français, s’appliquaient à la plupart des sphères de la société. Les droits linguistiques auraient de quoi faire rêver les francophones en situation minoritaire aujourd’hui (et ils le font d’ailleurs). Mais il ne faut pas oublier que le ¾ de ces francophones étaient métis. « Ceux-ci ont refusé de faire annexer leur territoire à moins que le français ne soit garanti », rappelle M. Aunger.


Quand il raconta tout ceci à sa voisine, celle-ci trouva son récit très intéressant. Elle lui a pourtant dit qu’elle aurait préféré qu’il ne découvre pas cette partie de notre histoire. L’historien pense qu’il faudrait que tout le monde l’apprenne à l’école élémentaire. Je suis tout à fait d’accord avec lui. Je crois aussi que les francophones de l’Alberta doivent également rappeler, dans la trame narrative de l’histoire qu’on raconte à nos élèves des écoles francophones, aux immigrants et à nos familles du Québec, cette histoire commune aux Métis.

À une époque, nous partagions également autre chose : l’expression ‘‘speak white’’ qui, selon M. Aunger, vient de cette époque où la majorité des habitants du Nord-Ouest étaient des Métis francophones qui subissaient le racisme des autorités canadiennes et britanniques. Ce racisme a perduré chez les historiens qui nous ont raconté notre histoire pendant plus d’un siècle.

Nous aurons nous aussi, je crois, une certaine humilité à avoir face à la victoire de la francophonie canadienne si la Cour suprême donne raison à Gilles Caron et Pierre Boutet. Nous devrions appliquer la même philosophie aux autres peuples fondateurs du Canada afin d’arriver, un jour peut-être, à une vision multidimensionnelle de la fondation de notre pays.

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